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Deux CRS reviennent sur les violences de samedi: "L'uniforme ne nous protège pas de la mort"

Samedi, les gilets jaunes ont bravé l’interdiction de manifester sur les Champs-Elysées et se sont heurtés aux forces de l’ordre. La mobilisation a rapidement tourné à l’affrontement. Deux CRS reviennent sur les violences qui ont émaillé les rassemblements.

Le rassemblement parisien sur l'avenue des Champs-Elysées a été marqué par des heurts tout au long de la journée, samedi. Au total, 30 blessés et 103 interpellations. Et un goût amer pour les forces de l’ordre qui ont essuyé les violences des casseurs, infiltrés dans les rangs des gilets jaunes. La foule entourait les CRS, "ils étaient devant et derrière nous", témoigne Michaël, CRS, au micro de BFMTV. En 19 ans de carrière, il assure n’avoir "jamais vu ça": "Le premier tir de grenade était à 9h15, le dernier à 23h30. C’est long.Il faut limite avoir des yeux derrière la tête." 

Face à un tel afflux de violence, le CRS a même pensé devoir user de la légitime défense "en sortant son arme de poing", alors que les jets de pavés et de bouteilles continuaient de pleuvoir.

Manque d'effectifs

Durant 19 heures, les CRS n'ont pas eu de répit. Pour Claude, des erreurs ont été commises lors de la préparation de la sécurisation des Champs-Elysées. Ce CRS a notamment constaté un manque de personnel sur le terrain. "Le manque d’effectif était criant. Toutes les forces opérationnelles étaient absorbées sur le bas des Champs-Elysées, tandis qu’en haut de l’avenue il n’y avait aucun agent", regrette-t-il.

Pour ne rien arranger à la situation, du matériel de chantier se trouvait sur l’avenue des Champs-Elysées et a fait office "d’armes par destination" pour les gilets jaunes les plus vindicatifs.

"Les gens ne se rendent pas compte que nous sommes humains et que l’uniforme ne nous protège pas de la mort", déplore Claude.

Il l’assure, "ce type de violence va se reproduire dans les prochains mois" et il sera présent pour y répondre.

Sur Facebook, les gilets jaunes appellent déjà à un nouveau rassemblement, samedi 1er décembre, pour l’acte 3 de leurs revendications. Leur exigence: que "Macron démissionne."

Ambre Lepoivre