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Crise sanitaire, couverture médiatique: l'organisation du procès hors norme de Jonathann Daval

Le palais de justice de Vesoul.

Le palais de justice de Vesoul. - Google Streetview

Le procès de Jonathann Daval, qui s'ouvre ce lundi, se déroule dans un contexte particulier. La défense de l'accusé avait demandé un report des débats.

En octobre 2017, Alexia Daval était assassinée. Pendant les trois mois qui ont conduit aux aveux de son mari Jonathann et tout au long de cette instruction qui a connu plusieurs revirements, l'affaire a été largement couverte médiatiquement, autant qu'elle a ému la France. Le procès de l'informaticien, aujourd'hui âgé de 36 ans, qui s'ouvre ce lundi devant la cour d'assises de Vesoul, va connaître une attention toute particulière.

"La couverture médiatique de cette affaire n'a cessé de prendre de l'ampleur depuis et jusqu'à ce jour en raison des rebondissements survenus en cours d'instruction, et ceux-ci sont nombreux", a d'ailleurs relevé la juge dans son ordonnance de mise en accusation.

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Afin d'organiser au mieux les débats, dans un contexte de crise sanitaire, ce procès a reçu du ministère de la Justice le label "Grand Procès". Concrètement, la Chancellerie ne laisse pas la juridiction, en l'état celle de Vesoul, se charger seule de gérer les moyens financiers, humains et techniques pour le bon déroulement des audiences. Dans certains cas, il s'agit de procès sensibles, là, c'est plutôt la pression médiatique, avec 40 médias accrédités, qu'il faudra assumer, en évitant les débordements.

Les restaurants fermés

La cour d'assises a décidé de maintenir les 41 places réservées aux journalistes. Ils pourront se répartir entre les 15 places dans la salle d'assises, les 26 places restantes réparties entre une salle d'audience transformée en salle de retransmission et une salle de presse "intérieure". Une seule personne par média, munie d'un badge, est autorisée à pénétrer dans l'enceinte du palais de justice. Afin d'ailleurs d'y éviter les attroupements pour les interviews, un barnum a été installé devant le tribunal pour réaliser les prises de vue.

Plusieurs réunions ont été organisées entre les services de la juridiction, la Chancellerie, les autorités locales, les services de police et la préfecture de Haute-Sâone. L'idée de permettre la réouverture de certains restaurants aux abords du tribunal a été avancée pour assurer la restauration des différentes personnes participant au procès. Une idée écartée en raison de la situation sanitaire, avec "des indicateurs toujours en hausse en Haute-Sâone", précise la préfecture.

Un procès sans public

Outre les journalistes, il a fallu organiser la venue des avocats et des parties civiles. Elles seront au total une vingtaine, tous membres de la famille d'Alexia, venus apporter leur soutien aux parents et à la soeur de la victime. Elles sont défendues par Me Gilles-Jean Portejoie et Me Caty Richard et pourront donc assister aux débats à la différence du public, comme pour tous les autres procès actuellement en période de confinement.

La défense de Jonathann Daval avait d'ailleurs demandé le report du procès. Randall Schwerdorffer, l'avocat de l'accusé, avait alors expliqué que le protocole sanitaire prévu dans le cadre de la lutte contre l'épidémie de coronavirus ne permettrait pas aux différents membres de la famille de son client d'assister aux audiences. Par ailleurs, l'avocat expliquait ne pas vouloir plaider avec son masque, ni vouloir que son client soit contraint d'en porter un pendant les audiences. Un masque qui sera bien obligatoire tout au long du procès.

https://twitter.com/justinecj Justine Chevalier Journaliste police-justice BFMTV