BFMTV

Le procès Daval permettra de comprendre le "mobile de Jonathann et ses sentiments pour Alexia"

Un peu plus de deux ans après le meurtre d'Alexia Daval, reconnu par son mari Jonathann, la justice a mis un point final à l'instruction, ouvrant la voie à un procès qui pourrait se tenir en 2020 devant la cour d'assises de Haute-Saône.

Le procès de Jonathann Daval, attendu depuis deux ans, permettra d’éclaircir les raisons qui l’ont poussé à tuer son épouse en 2017. Cet informaticien de 35 ans a reconnu avoir violemment frappé et étranglé Alexia Daval, 29 ans, dans la nuit du 27 au 28 octobre 2017 à leur domicile de Gray-la-Ville, en Haute-Saône, lors d'une violente dispute conjugale. A l'origine de cette altercation fatale, selon Jonathann Daval, "un rapport sexuel" réclamé par Alexia, qui prenait à cette époque un traitement de stimulation de la fertilité pour essayer d'avoir un enfant, mais qu'il avait refusé.

L’avocat des parties civiles, Me Jean-Marc Florand, profitera des audiences devant la Cour d’assises pour creuser cet argument et mettre en lumière le "mobile" de l’accusé.

Il s’agira de "comprendre les sentiments qu’il avait pour Alexia parce qu’il a tellement raconté tout et son contraire. Il a beaucoup menti, devant toute la France il a joué la comédie du veuf éploré. Je pense qu’il pleure davantage sur lui et sur la perte de son confort matériel et de la liberté que sur son épouse", dépeint l’avocat au micro de BFMTV.

Cibler les personnalités

En effet, après s’être montré en larmes devant les caméras, il avait finalement été interpellé trois mois plus tard, soupçonné du meurtre de son épouse. Acculé en garde à vue par plusieurs éléments accablants (relevés GPS sur son véhicule professionnel, fragment de drap du couple retrouvé près du corps...), celui qu'une expertise dit capable de "manipulation" avait avoué avoir étranglé son épouse. Après s'être rétracté en accusant son beau-frère du meurtre et en invoquant un "complot familial" pour étouffer le crime, il avait craqué et confessé, une seconde fois, le meurtre d’Alexia.

Le conseil de la défense met en avant le profil d’un homme brimé par son épouse. "Est-ce que Jonathann Daval n’était pas victime quelque part d’une conjoncture de couple? Ce sera une question devant la Cour d’assises. Pour cela, il faudra cibler la personnalité de Jonathann et celle d’Alexia. Certaines choses qui n’ont pas été mises sur la place publique jusqu’à présent seront révélées aux jurés", prévient-il.

Le dossier Daval a mobilisé d’énormes moyens, plus de 50 expertises ont été diligentées notamment psychiatriques et psychologiques. Mais aussi une enquête de personnalité effectuée auprès de proches de Jonathann Daval. Plusieurs personnes ont évoqué un homme dominé par sa femme, mais qui ne s’en plaignait pas et ne se rebellait pas.

Humiliations

Lors d’une expertise psychiatrique, Jonathann Daval avait expliqué au médecin avoir subi une "dispute de plus" pendant laquelle il aurait explosé comme "une cocotte-minute". "Je l'ai étranglée, l'ai frappée pour qu'elle se taise", a-t-il dit, évoquant une compagne "violente en paroles et en actes" qui "l'humiliait" dans leur quotidien et leur intimité. Elle "me disait que je suis un bon à rien, que je n'étais pas un mec", a ajouté l'homme détenu à Dijon.

Le procès devra "se concentrer sur l'essentiel: les conditions précises dans lesquelles Jonathann Daval est passé à l'acte et la qualification des faits, meurtre ou violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner", ajoute Me Randall Schwerdorffer.

Marine Scherer, Victor Lasalle avec Ambre Lepoivre et AFP