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Crash A320: un pilote néerlandais avait imaginé le scénario de la catastrophe

Un cockpit. (Photo d'illustration)

Un cockpit. (Photo d'illustration) - Daniel Reinhardt - DPA - AFP

Dans une chronique publiée en janvier dernier, un pilote de ligne néerlandais s'était interrogé sur le niveau de sécurité actuellement en vigueur dans les avions, pour entrer dans cockpit. Des réflexions qui ont trouvé, deux mois plus tard, un écho dramatique avec la réalité.

Ce n'étaient au départ que des doutes, qui allaient être confirmés par une catastrophe dans un avenir proche. Un pilote de ligne néerlandais a imaginé, il y a deux mois en arrière, le scénario du crash de l'Airbus A320 de la compagnie Germanwings, dans les Alpes françaises, où 150 personnes ont péri la semaine dernière.

Dans une chronique publiée en janvier sur le site spécialisé Piloot en Vliegtuig, le pilote Jan Cocheret s'interrogeait sur l'actuel niveau de sécurité des cockpits dans les avions. Un texte repéré et traduit par nos confrères belges du journal Le Soir. Avec les "portes blindées extra-sécurisées, il n’est plus difficile pour un pilote d’empêcher à son collègue l’accès au cockpit" avait-il écrit il y a deux mois.

"Il suffit d’attendre jusqu’à ce qu’il aille satisfaire un besoin naturel pour ne plus jamais ouvrir la porte". Précisément ce qu'est soupçonné d'avoir fait le copilote Andreas Lubitz mardi dernier, se retrouvant alors seul aux commandes du vol 4U9525. Jusqu'à la catastrophe.

"Comment être sûr que je puisse lui faire confiance?"

Pour étayer sa théorie prémonitoire, Jan Cocheret avait également évoqué le fait qu'un commandant de bord soit amené à régulièrement travailler avec de nouveaux copilotes, dont il ne sait la plupart du temps pas grand chose. "Je me demande régulièrement qui est à mes côtés dans le cockpit. Comment être sûr que je puisse lui faire confiance?", s'était-il ainsi inquiété dans sa chronique.

Avant de poursuivre: "Peut-être vient-il de se passer quelque chose de terrible dans sa vie qu’il est incapable de surmonter?" Et de conclure: "J’espère qu’après une pause pipi, je ne me retrouverai jamais devant une porte de cockpit verrouillée."

Malheureusement devenu réalité

"Ce scénario effroyable est malheureusement devenu réalité", a commenté Jan Cocheret au lendemain du drame. Une situation qui ne devrait, selon toute vraisemblance, plus pouvoir se reproduire: une nouvelle règle imposant deux personnes en permanence dans un cockpit a été adoptée par des compagnies du monde entier, à la suite du crash de l'A320 de la Germanwings.

Jé. M.