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Crash A320: "Les familles sont dans une première phase aiguë de stupeur et de douleur"

Les familles des victimes se sont rendues dans les Alpes-de-Hautes-Provences, près du lieu du crash.

Les familles des victimes se sont rendues dans les Alpes-de-Hautes-Provences, près du lieu du crash. - Jeff Pachoud - AFP

Deux jours après la mort de leurs proches dans le crash de l’A320 de Germanwings, les familles connaissent "la première phase, aiguë, de stupeur et de douleur" qui caractérise le deuil, selon le psychiatre Pierre de Maricourt, interrogé sur BFMTV.

Les familles des victimes du crash de l’A320 sont arrivées jeudi sur les lieux du drame, deux jours après l'accident, pour se recueillir au plus près de leurs proches. Une première étape dans le processus de deuil, un mécanisme psychique complexe. Ceux qui ont perdu quelqu’un de cher "sont dans une première phase aigüe de stupeur, de douleur et de souffrance importante. Petit à petit, l’acceptation de la situation, pour pouvoir continuer à vivre, va se faire", analyse le psychiatre Pierre de Maricourt sur BFMTV.

Selon lui, les hommages politiques ne sont pas des messages vains. La chancelière allemande Angela Merkel et le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy ont fait part de leur "bouleversement" devant les révélations de l’enquête, qui a établi une action directe du jeune copilote de 28 ans, Andreas Lubitzt, pour précipiter l'avion vers sa fin. Pour les familles, "l’impression que toute une nation est derrière eux est réconfortante", estime le psychiatre, car elles "ne doivent pas supporter le malheur seul". 

"Ca aide d'être sur le lieu"

De même, il comprend la démarche des proches qui ont choisi de se rendre sur place, même s’ils ne pourront probablement pas retrouver le corps de leurs parents dans l’immédiat. "C’est important pour les familles de pouvoir se retrouver ensemble, avec l’impression de ne pas être seul à surmonter le drame", conseille-t-il, avant d’insister: "Je pense intuitivement que ça aide d’être sur le lieu".

Quant à savoir s’il y a une différence d’impact psychologique entre un accident matériel et un acte délibéré du copilote, le psychiatre reste prudent mais reconnaît qu’il s’agit d’une difficulté supplémentaire. "Il est clair que les familles vont se demander pourquoi il n’a pas été repéré avant. On se demande pourquoi, s’il avait des difficultés psychiques, ou était en surmenage, la compagnie ne s’en est pas rendu compte", regrette-t-il.

J.S