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Crash A320: "C'est la première fois qu'on assiste à un tel niveau de négligence"

Loïc Tribot La Spière, délégué général du Centre d'étude et de prospective stratégique (CEPS), spécialiste de l'économie de l'aéronautique, sur le plateau BFMTV.

Loïc Tribot La Spière, délégué général du Centre d'étude et de prospective stratégique (CEPS), spécialiste de l'économie de l'aéronautique, sur le plateau BFMTV. - BFMTV

En confirmant mardi, une semaine après le crash de l'A320 de la Germanwings, que le copilote Andreas Lubitz avait informé la Lufthansa de sa dépression en 2009, la compagnie a indirectement reconnu une faille dans le suivi de ses pilotes.

Comment expliquer la faille de la Lufthansa? Selon les dernières informations parues mardi dans le cadre de l'enquête sur le crash de l'A320 de la Germanwings, Andreas Lubitz, le copilote de l'avion, soupçonné d'avoir volontairement provoqué la catastrophe, qui a fait 150 victimes, avait prévenu la compagnie allemande de son état, dès 2009.

Cette année-là, il avait effectivement informé le centre de formation de la Lufthansa qu'il avait connu un "épisode dépressif sévère". C'est la compagnie aérienne elle-même qui a affirmé avoir transmis au parquet de Düsseldorf des documents concernant cette phase de dépression. Et ce après être restée silencieuse pendant une semaine, alors que des révélations en ce sens sortaient dans la presse allemande. Une faille qui apparaît désormais comme une négligence de la part de la compagnie aérienne, réputée l'une des plus sûres au monde.

BFMTV fait le point sur les conséquences de cette erreur de communication avec Loïc Tribot La Spière, délégué général du Centre d'étude et de prospective stratégique (CEPS), spécialiste de l'économie de l'aéronautique.

Quelles peuvent être les conséquences de cette négligence pour la Lufthansa?

"Je pense que cela aura une incidence sur l'image de la compagnie, notamment sur sa filiale low cost Germanwings, et ce alors qu'il s'agit d'un cas d'exception. Et par conséquent, cette histoire aura également une incidence en termes financiers, car c'est la première fois qu'on a un tel niveau de négligence. Il faut en effet souligner que la Lufthansa a commis une erreur gravissime puisqu'on est finalement face à un homicide volontaire, étant donné que l'on sait que le copilote était atteint gravement, qu'il avait envoyé un certain nombre de signaux, et que la compagnie a tout laissé passer. Et au final, Andreas Lubitz s'est volontairement calfeutré dans le cockpit et a mené à la mort des passagers".

Comment doivent réagir l'ensemble des compagnies aériennes face à cette situation?

"Ceci doit amener les compagnies aériennes à être encore plus vigilantes, sachant qu'il s'agit de la première fois que l'on assiste à une faute aussi phénoménale de la part d'une compagnie, qui a commis des erreurs inadmissibles et qui plus est en cascade". 

Comment rattraper une telle situation?

"La communication adoptée dans un premier temps par la Lufthansa, après le crash, a été une bonne communication de crise, dans la mesure où l'on s'attendait à une défaillance matérielle. Mais ce n'est plus du tout le cas, c'est une défaillance humaine, et avérée. On peut donc se réjouir qu'enfin, les dirigeants de la Lufthansa aient décidé de venir sur les lieux du crash, ce mercredi matin, pour se recueillir".

A.S.