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Commando à Marseille: comment s’organisent les réseaux de narcotrafiquants dans les cités?

Jérôme Pierrat, journaliste spécialiste du grand banditisme

Jérôme Pierrat, journaliste spécialiste du grand banditisme - BFMTV

Jérôme Pierrat, journaliste spécialiste du grand banditisme, explique à BFMTV comment les rivalités entre différentes factions mènent à des accès de violence comme celui qu’a connu la cité de la Busserine à Marseille.

Au lendemain du commando mis en fuite par la police lundi dans la cité de la Busserine à Marseille, le procureur de la République de la ville Xavier Tarabeux a déclaré ce mardi que les faits "paraissent relever du narco-banditisme". Plusieurs personnes, cagoulées et équipées d’armes de type kalachnikov, ont tiré des coups de feu entre les immeubles avant de s’enfuir. Une personne a été blessée par des coups de crosse et une autre aurait été enlevée, selon un témoin.

Comment s’organisent les trafics à l’origine de ce qui ressemble à une guerre de factions? Pour Jérôme Pierrat, journaliste spécialiste du grand banditisme, "il y a des équipes", nombreuses, loin des "familles de la mafia sicilienne":

"On est dans des équipes structurées de malfaiteurs à l’image de ce qui se fait dans le banditisme français, chacun contrôlant ou un territoire ou un approvisionnement", explique-t-il à BFMTV.

Une "guerre commerciale"

C’est précisément cette décentralisation qui mènerait à des accès de violence:

"Le problème c’est la multiplicité de ces équipes dans ces quartiers nord qui, au bout d’un moment, se disputent les territoires et surtout la nature du trafic. S'il y avait une grosse tête, on n’aurait pas ce genre d’événements, on aurait un business très calme."

Pour Jérôme Pierrat, les événements de la cité de la Busserine tiennent ainsi d'une "expédition punitive pour intimider ceux qui tiennent ce coin-là."

Les stupéfiants vendus, "principalement du hash marocain", viennent de "grossistes qui sont entre le Maroc, l’Espagne, les produits d’approvisionnement, et qui envoient en France. Mais à l’arrivée ici c’est dispatché (…) Donc une fois que ça arrive sur le terrain, c’est la guerre commerciale", explique le spécialiste.

B.P.