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Chevaline: les enquêteurs diffusent le portrait-robot d'un motard

Le portrait-robot d'un homme recherché dans le cadre de l'enquête sur la tuerie de Chevaline, diffusé ce lundi 4 novembre.

Le portrait-robot d'un homme recherché dans le cadre de l'enquête sur la tuerie de Chevaline, diffusé ce lundi 4 novembre. - -

Plus d'un an après le quadruple meurtre de Chevaline, toujours non-élucidé, les enquêteurs diffusent lundi le portrait-robot d'un mystérieux motard, dont la présence à proximité de la scène de crime a été signalée par plusieurs témoins.

Un tournant dans l'enquête sur la tuerie de Chevaline? Les enquêteurs diffusent, ce lundi, en France et en Angleterre, le portrait-robot d'un homme aperçu à proximité de la scène de crime, le 5 septembre 2012, en Haute-Savoie, accompagné d'un appel à témoins.

La diffusion du portrait de cet homme, un mystérieux motard portant un bouc et un casque de moto très rare, devrait permettre aux enquêteurs de relancer leurs investigations sur le meurtre de Saad al-Hilli, un Britannique d'origine irakienne de 50 ans, sa femme et sa belle-mère ainsi qu'un cycliste de la région, probable victime collatérale.

Présence connue de longue date

Le portrait-robot d'un homme recherché dans le cadre de l'enquête sur la tuerie de Chevaline, diffusé ce lundi 4 novembre.
Le portrait-robot d'un homme recherché dans le cadre de l'enquête sur la tuerie de Chevaline, diffusé ce lundi 4 novembre. © -

L'homme sur le portrait-robot est-il l'auteur du quadruple meurtre? Pour l'heure, rien ne permet de le dire. Mais la présence d'un mystérieux motard circulant le long de la Combe d'Ire, à Doussard-Chevaline, entre 15h15 et 15h40 le 5 septembre 2012, était connue de longue date des enquêteurs, grâce à des témoignages d'agents de l'Office national des forêts (ONF). Mais ces derniers avaient délibérément choisi de ne pas diffuser son signalement pour se donner plus de chance de confondre un éventuel suspect.

Par ailleurs, les enquêteurs voulaient pouvoir explorer en toute discrétion la piste du casque porté par le motard.

Un casque diffusé à moins de 8.000 exemplaires

Car l'élément qui a le plus interpellé les enquêteurs est en effet le modèle du casque de moto porté par ce suspect. "Plus que le portrait-robot en lui-même, c'est le type de casque qui est intéressant", a ainsi souligné le lieutenant-colonel Benoit Vinnemann, chef de la section de recherches de la gendarmerie de Chambéry. "On se disait que si l'on retrouvait ce casque au cours d'une perquisition au domicile de quelqu'un d'intéressant pour l'enquête, c'était un élément à charge", a-t-il ajouté.

Il s'agit d'un casque intégral de marque GPA, de couleur noire ou confée, qui présente la particularité de s'ouvrir sur le côté au niveau de la bouche afin de permettre à son propriétaire d'entamer une discussion sans avoir à le retirer. De fabrication française, ce modèle existe à moins de 8.000 exemplaires dans la couleur aperçue par les témoins.

Nombreuses recherches autour du casque

Les enquêteurs ont essayé de pister ce casque en épluchant les fichiers clients des distributeurs mais, ce produit étant déjà ancien, ceux-ci avaient souvent disparu. Ils ont en outre mené une veille sur les sites Internet de ventes d'occasion et identifié les vendeurs de ce type de casque. Mais après un an d'investigations, le casque et son propriétaire restent cependant introuvables.

"Compte tenu de la particularité de ce casque, dont la marque a été identifiée et qui n'existe qu'à quelques milliers d'exemplaires dans le monde, les enquêteurs ont espéré le trouver autrement, par des auditions de témoins, par des alertes sur Internet, des ventes sur des sites tels Le Bon Coin ou d'autres. Une recherche minutieuse a été menée autour de ce casque", confirme à BFMTV le procureur de la République d'Annecy, Eric Maillaud. "Un an après, les recherches n'ayant rien donné, il serait préjudiciable de se priver d'une ultime cartouche. C'est la raison pour laquelle on diffuse le portrait-robot, d'une part pour le casque, d'autre part pour le visage s'il peut être identifié".

L'enquête relancée?

La diffusion du portrait-robot est donc un moyen pour les enquêteurs de relancer les recherches en suscitant de nouveaux témoignages. Un numéro vert a été mis en place spécialement pour recevoir les appels des témoins. Les enquêteurs en attendent de nombreux car "beaucoup de gens avec un bouc et un casque pourraient correspondre" au signalement diffusé, selon Benoit Vinnemann.

Le portrait-robot ne donne toutefois pas d'indication sur la corpulence, la langue ou l'accent du motard, alors même que ce dernier s'était adressé aux agents de l'ONF, qui lui avaient demandé de rebrousser chemin car il s'était aventuré sur une route interdite à la circulation.

"On ne veut pas limiter les appels, ni se fermer de portes. C'est à nous de faire le tri avec les éléments dont on dispose", a expliqué le lieutenant-colonel Vinnemann.

Fortes suspicions sur son rôle dans la tuerie

Les enquêteurs refusent par ailleurs de faire du motard le suspect n° 1 de la tuerie de Chevaline. "Pour nous, c'est quelqu'un qui était assez proche des lieux dans un créneau de temps qui nous intéresse et qui est susceptible d'avoir fait ou d'avoir vu quelque chose. Il est potentiellement l'auteur mais il est surtout un témoin", a souligné Benoit Vinnemann.

Mais le fait que ce motard recherché depuis des mois ne se soit jamais présenté aux enquêteurs laisse cependant planer de fortes suspicions sur son éventuelle participation à la tuerie.

|||Toute personne en mesure d'apporter des renseignements utiles aux enquêteurs est prié de contacter la section de recherche au numéro vert suivant: 0800 002 950

A.S. avec AFP