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Charlie Hebdo: les suspects introuvables, le dispositif de recherche allégé pour la nuit

Pendant les recherches pour retrouver les auteurs présumés de l'attentat contre Charlie Hebdo, à Fleury, (Oise) le 8 janvier 2015.

Pendant les recherches pour retrouver les auteurs présumés de l'attentat contre Charlie Hebdo, à Fleury, (Oise) le 8 janvier 2015. - Joël Saget - AFP

Les frères Chérif et Saïd Kouachi, les deux auteurs présumés, restent introuvables. Après des opérations intensives en Picardie, le dispositif de recherche a été allégé pour la nuit. Minute de silence, drapeaux en berne: le pays a par ailleurs rendu hommage aux victimes en ce jeudi de deuil national, et des rassemblements ont encore eu lieu dans plusieurs villes.

La traque se poursuit. Après des opérations intensives dans la soirée de jeudi en Picardie pour retrouver les deux auteurs présumés de l'attentat contre Charlie Hebdo, les frères Chérif et Saïd Kouachi, le dispositif a été allégé pour la nuit. Jeudi, jour de deuil national, l'unité politique s'est fissurée, pour ou contre la présence du FN à la marche républicaine prévue dimanche prochain, mais des rassemblements citoyens au cri de "Nous sommes Charlie" ont encore eu lieu dans plusieurs villes. Le point sur ce qu'il faut retenir de cette journée.

>> Revivez tous les événements de la journée de jeudi

> Les suspects courent toujours

La traque des frères Chérif et Saïd Kouachi se poursuivait jeudi dans une vaste zone située autour de Villers-Cotterêts (Aisne) et Crépy-en-Valois (Oise). En début de nuit, le dispositif de recherche a été réduit par rapport aux importants effectifs du Raid et du GIGN qui s'étaient déployés plus tôt en Picardie, en particulier aux abords de la RN2 entre Villers-Cotterêts et Soissons.

> L’enquête: une carte d'identité trouvée, les assaillants repérés

Outre une caméra Go-Pro qui n'a sans doute pas servi, les enquêteurs ont retrouvé dans un véhicule la carte d'identité de l'un des deux frères, a-t-on appris jeudi. Des expertises génétiques ont d'ailleurs permis de confirmer les soupçons initiaux. Saïd Kouachi a été "formellement reconnu" comme un des assaillants, a par ailleurs indiqué le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Les deux suspects ont été également repérés dans une station-service de l'Aisne. Neuf personnes étaient toujours en garde à vue jeudi, parmi lesquelles le troisième suspect âgé de 18 ans qui s’est rendu à la police mercredi soir à Charleville-Mézières.

> Deux auteurs présumés: Chérif et Saïd Kouachi

Les deux suspects toujours recherchés, Chérif Kouachi (32 ans) et Saïd Kouachi (34 ans), sont frères. Ils sont nés à Paris et ont grandi en foyer. Chérif a fait partie d'une filière parisienne qui envoyait des jihadistes rejoindre en Irak les rangs de la branche irakienne d'Al-Qaïda. Interpellé juste avant son départ, il a été condamné en 2008 à trois ans de prison, dont 18 mois ferme. Son nom était apparu dans l'enquête sur la tentative d'évasion de Smaïn Aït Ali Belkacem, ancien membre du Groupe islamique armé algérien (GIA), condamné en 2002 à la perpétuité pour avoir commis un attentat dans le RER. Cette enquête avait montré que Kouachi était lié à Djamel Beghal, une autre figure de l'islam radical français. Un des frères Kouachi a séjourné au Yémen, a révélé jeudi la ministre de la Justice Christiane Taubira à CNN. Selon le New York Times, il s'agit de Saïd, le plus âgé des deux.

> Marche républicaine et polémique autour du FN

L'unité politique s'est fissurée ce jeudi autour d'une "marche républicaine" prévue dimanche. La plupart des grandes fédérations musulmanes ont appelé à y participer, ainsi que les principaux "partis républicains", gauche droite et centre confondus, ou syndicats. Mais "l'union nationale" annoncée a fait long feu, Marine Le Pen dénonçant "l'exclusion" du Front national, contre laquelle s'est également élevée l'UMP par la voix de François Fillon ou Laurent Wauquiez.

Sur BFMTV, Marine Le Pen a dénoncé le "sectarisme du PS" avant que le premier secrétaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis ne rétorque sur notre antenne que "ceux qui se sentent concernés" sont libres de venir. La participation de François Hollande à la marche est envisagée mais "pas décidée", confirme l'entourage du président de la République à BFMTV. "Il y a beaucoup de prudence à avoir pour la présence d'un président de la République" dans une telle manifestation, fait valoir l'entourage du chef de l'Etat.

Le cortège parisien partira dimanche à 15h de la place de la République vers la place de la Nation, en passant par le boulevard Voltaire - un symbole puisqu'il croise le boulevard Richard Lenoir, à proximité des locaux de Charlie Hebdo dans le 11e arrondissement.

> Journée de deuil national et nouveaux rassemblements

Comme un symbole, la Tour Eiffel s’est éteinte à 20 heures précises ce jeudi. En ce jour de deuil national, le pays s'était auparavant figé à midi pour une minute de silence. Des passants se sont immobilisés, des employés se sont mis aux fenêtres de leurs bureaux, brandissant des feuilles portant le slogan "Je Suis Charlie". En fin de journée, de nouvelles manifestations ont rassemblé plusieurs milliers de personnes à Paris, sur une place de la République de nouveau noire de monde, et dans plusieurs autres grandes villes de France.

> Charlie Hebdo va faire un "numéro de survivants"

L'équipe rescapée de Charlie Hebdo publiera mercredi prochain "un numéro de survivants" tiré à un million d'exemplaires. Les soutiens se mettent en place: la ministre de la Culture Fleur Pellerin a annoncé dans la soirée qu'elle débloquerait "en urgence" une aide publique exceptionnelle d'environ un million d'euros pour le journal. De nombreux médias ont également offert leur aide, notamment Libération qui va accueillir l'équipe dans ses locaux, et organisent dès vendredi un appel aux dons.

> Une policière tuée à Montrouge

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a affirmé qu'il n'y avait pas de lien "à ce stade" avec l’attaque de Charlie Hebdo mais tôt jeudi matin, un tireur, toujours en fuite, a mortellement tiré sur une policière de 26 ans à Montrouge, en banlieue parisienne. Deux personnes étaient toujours en garde à vue jeudi soir dans les locaux de la police judiciaire des Hauts-de-Seine dans le cadre de l'enquête. Au moment des faits, le tireur était porteur d'un gilet pare-balles, d'une arme de poing et d'un fusil mitrailleur. Il s'est enfui à bord d'une Clio retrouvée dans la matinée à Arcueil, dans le Val-de-Marne. Sa trace "a été perdue" dans le quartier d'affaires de La Défense, dans l’ouest parisien. Le Premier ministre Manuel Valls a rendu hommage à la victime sur Twitter dans la journée.

S.A. et V.R.