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Charlie Hebdo: la presse se couvre de noir, effarée face à la "barbarie"

La presse rend un hommage unanime à Charlie Hebdo, jeudi 8 janvier 2015.

La presse rend un hommage unanime à Charlie Hebdo, jeudi 8 janvier 2015. - BFMTV

Après le choc de l'attaque meurtrière qui a visé Charlie Hebdo et tué 12 personnes mercredi, la presse se recueille et se barde de noir, jeudi, pour rendre un hommage unanime aux victimes.

"Barbarie", "Guerre contre la liberté", "Chantage répugnant". Le choc ressenti après le sanglant attentat contre le journal satirique français Charlie Hebdo transparaît jeudi à la une des journaux en France et en Europe, dont certains se sont couverts de noir. Dans la presse française, des fonds noirs et des dessins rendent hommage aux 12 morts, dont des dessinateurs renommés, de l'attentat à la Kalachnikov commis mercredi à Paris contre le journal.

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"Nous sommes tous Charlie"

"Nous sommes tous Charlie", titre le quotidien Libération (gauche). La mention, brandie par de nombreux manifestants lors de rassemblements mercredi soir, se retrouve très souvent en manchette des quotidiens. "La liberté assassinée", clame de son côté le quotidien conservateur Le Figaro qui publie les photos de six des victimes: les dessinateurs Cabu, Charb, Honoré, Tignous, Wolinski et le chroniqueur Bernard Maris. Dans un éditorial intitulé "La guerre", le directeur du journal annonce "une vraie guerre, menée non par des assassins de l'ombre mais par des tueurs méthodiques et organisés, dont la tranquille sauvagerie glace le sang".

Le quotidien Les Echos appelle à faire "Face à la barbarie" et publie le dernier dessin de Charb. L'éditorial s'en prend à "des salauds cagoulés (qui) ont déclaré la guerre à la France, à notre démocratie, à nos valeurs". "Barbarie", sur fond noir, est le titre également choisi par le journal gratuit 20 Minutes.

La presse étrangère aussi rend hommage à "Charlie Hebdo"

En Belgique, le journal économique L'Echo titre "Tous des Charlie" sur fond noir, au centre de sa une, qui reproduit 17 unes de Charlie Hebdo. Son jumeau néerlandophone De Tijd, plus sobre, présente une première page presque entièrement noire avec les mots "Je suis Charlie", en français.

L'éditorialiste de La Libre Belgique, Francis Van de Woestyne, estime que "cette attaque est, dans son impact, sa violence, aussi importante que celle qui a frappé New York le 11 septembre 2001. Demain, dans huit jours, dans un mois, d'autres terroristes frapperont. Au nom d'un dieu, d'un prophète dont ils tordent le message".

Dans la presse britannique, le Daily Mail et le Daily Telegraph titrent tous les deux en une "La guerre contre la liberté", avec une photo de l'attentat montrant deux agresseurs pointant leurs armes contre un policier gisant sur le sol. Dans la même veine, le Times titre en une "Attaque contre la liberté" et le Guardian "Assaut contre la démocratie". Le Guardian relève dans son éditorial que les journalistes de Charlie Hebdo, qui se sont toujours moqués du christianisme, "n'ont jamais vu de raison particulière de montrer plus de déférence vis-à-vis d'autres religions".

"Ne pas céder au chantage répugnant de la terreur"

"L'Europe n'a pas peur", titre de son côté l'édition en ligne du grand hebdomadaire portugais Expresso, soulignant que des milliers d'Européens sont descendus dans la rue "pour la liberté d'expression, contre la barbarie du terrorisme"."Il ne faut pas céder au chantage répugnant de la terreur. Et transformer leur haine en défaite", écrit le journal de référence Publico dans un éditorial intitulé "Combattre la haine, défendre la liberté".

En Espagne, un éditorial publié sur le site internet de la radio Cadena Ser énonce que "les caricatures ne sont coupables de rien, ni les blagues, ni le dernier livre de (l'écrivain français Michel) Houellebecq qui pronostique une France islamiste en 2022. Non, ne nous trompons pas de remède: la solution n'est pas de mutiler les libertés, mais de combattre le fanatisme, la haine irrationnelle, l'obscurantisme et l'ignorance".

S. C. avec AFP