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Cédric Jubillar a confié à plusieurs personnes vouloir s'en prendre à son épouse si elle le quittait

À ces échanges, il faut ajouter les propos tenus quelques semaines avant la disparition de Delphine devant sa mère. Il aurait alors déclaré: "elle m'énerve, je vais la tuer".

Les auditions de certains témoins inquiètent les enquêteurs mobilisés pour retrouver la trace de Delphine Jubillar, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. Selon nos informations, Cédric Jubilllar aurait confié à au moins cinq personnes son projet de "tuer" son épouse, dans le cas où cette dernière le quitterait, ou partirait pour un autre.

"J’ai envie de la tuer, ça ne se passe pas bien", lance-t-il par exemple à une connaissance. Des propos également tenus devant ses cousines. À l'une d'elles, il affirme "si Delphine me quitte un jour je la tuerai". Devant l'autre, il déclare "je vais la tuer, je connais un endroit où on ne la trouvera jamais".

D'autres propos tenus devant sa mère

À ces échanges, il faut ajouter les propos tenus quelques semaines avant la disparition de Delphine devant sa mère, devant qui il aurait déclaré: "elle m'énerve, je vais la tuer".

Mais pour la défense de Cédric Jubillar, cette phrase aurait été prononcée sous le coup de la colère, dans le cadre des tensions qui existaient dans le couple ou d'un divorce à venir. Ses avocats contestent que Cédric Jubillar ait également dit "je vais l'enterrer".

Dans un premier temps, Cédric Jubillar niait pourtant toute conflictualité avec son épouse. Mais le procureur de la République de Toulouse a fait savoir fin juin que "contrairement à ce qui avait été dit et soutenu y compris par l'intéressé, ce contexte de séparation était très conflictuel et donnait lieu à de fréquentes disputes".

Cédric Jubillar avait, selon le procureur, une grande difficulté à accepter sa séparation avec son épouse et tentait de la reconquérir de manière "intrusive et agressive". Il avait même organisé une "véritable surveillance" de Delphine Jubillar, essayant de la géo-localiser.

De plus, après l'avoir dans un premier temps nié, l'intérimaire de 35 ans convient maintenant qu'il était au courant que sa femme avait un amant.

Des doutes sur la fidélité de son épouse

Lors de ses auditions, Cédric Jubillar reconnaît qu'il avait des doutes sur une éventuelle infidélité de son épouse depuis plusieurs mois avant la disparition de Delphine. Ses doutes débutent fin août, début septembre. Fin août, il surprend sa femme en train d'envoyer des photos à ce nouvel homme.

Certains éléments laissent penser aux enquêteurs que le peintre pouvait avoir des comportements à tendance jalouse, et qu'il avait mis en place un processus de surveillance de son épouse. Un jour, Cédric Jubillar tente par exemple de la géolocaliser, via sa propre mère. Lorsque Delphine Jubillar s'en rend compte, lui rejette la faute sur sa mère Nadine Jubillar. Et lorsque les deux femmes se rencontrent finalement, la mère de Cédric promet à Delphine: "Je ne voulais pas te nuire, oui j’ai voulu te géolocaliser pour lui prouver qu’il se trompait, que tu n’avais pas d’amant."

Les 2 et 6 décembre 2020, Cédric Jubillar va jusqu'à consulter les comptes bancaires de sa femme et y découvre des dépenses en coiffure, sous-vêtements, réservations d'hôtellerie... Quelques jours plus tard, soit le 15 décembre, Delphine se rend donc dans une agence bancaire et réclame à changer ses codes afin que son mari ne puisse plus y avoir accès.

Dans le cadre de leurs recherches sur l'infidélité de Delphine Jubillar, les enquêteurs ont par ailleurs remarqué que Delphine et Cédric Jubillar s’étaient tous les deux inscrits sur des sites de rencontres en 2020. C’est là que Delphine Jubillar a rencontré son amant.

Ses avocats réclament sa remise en liberté

Les avocats de Cédric Jubillar ont défendu ce mardi devant la cour d'appel de Toulouse la remise en liberté de leur client, dénonçant un dossier "sans preuve aucune". Pour ses trois conseils, le procureur de la République de Toulouse Dominique Alzéari ne dispose pas de charges suffisantes pour priver de liberté Cédric Jubillar.

"Lorsqu'on décortique de façon objective les éléments présentés à charge, on se rend compte de la vacuité de ces éléments-là qui ne sont même pas insuffisants, qui sont inexistants", a estimé mardi Emmanuelle Franck. Son confrère Alexandre Martin a lui déploré un dossier "léger" à l'encontre de son client. L'arrêt de la cour d'appel est attendu jeudi 8 juillet.

Mélanie Vecchio avec Jeanne Bulant