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Ce que l'on sait de l'arrestation de l'un des dix pédophiles les plus recherchés au monde en Gironde

Un Girondin de 40 ans est suspecté d'avoir alimenté des sites pédopornographiques ainsi que d'avoir violé deux de ses filles, âgées de 4 et 8 ans. Il est actuellement en détention provisoire.

"Il était dans le Top 10 des pédophiles les plus recherchés au monde." Un père de famille français de 40 ans a été arrêté dans un village de Gironde, soupçonné d'avoir animé des sites pédopornographiques sur le darknet, la partie cachée d'internet.

Le suspect "était devenu l'une des dix cibles prioritaires mondiales" de la lutte contre la pédophilie, a révélé la procureure de la République de Bordeaux, Frédérique Porterie. "Il permettait à des milliers d'internautes dans le monde d'avoir accès à des photographies ou vidéos à caractère pédopornographique", a expliqué la magistrate.

"Inconnu des services de police et de la justice", il présente "un profil tout à fait commun, lambda: marié, père de famille, intégré avec une profession", travaillant dans une collectivité locale, selon une source proche du dossier.

"C'était un super administrateur de sites pédopornographiques, qui ressemblait à Monsieur Tout le monde", a résumé Eric Bérot, chef de l'office central pour la Répression des Violences aux Personnes (OCRVP), qui avait repéré ses agissements en 2014.

Identification de l'adresse IP

L'OCRVP - un service de la police judiciaire française - a mené les investigations en collaboration avec Europol, l'office de police européen, qui dispose d'une cellule de lutte contre les réseaux pédopornographiques internationaux du darknet.

L’interpellation du Girondin, le 7 juillet, est le fruit d'"un travail de coopération internationale", a souligné Eric Bérot. "Il n'échangeait qu'en anglais. Nous n'avions aucune indication sur sa nationalité. Puis, avec la cyber-infiltration, nous avons réussi à l'identifier."

"Un internaute était particulièrement ciblé par l'ensemble des services répressifs mondiaux depuis plusieurs années, utilisant un pseudonyme et qui administrait sur le darknet deux sites pédopornographiques", a précisé Frédérique Porterie, ajoutant qu'il avait en 2017 partagé "sur ces réseaux des photos et vidéos de sa propre production". Finalement, "les enquêteurs de l'OCRVP ont réussi à identifier son adresse IP", a-t-elle ajouté.

Cet autodidacte de l'informatique, cantonnier travaillant sur "trois ou quatre communes proches", se livrait à ses activités parallèles le plus souvent "la nuit", "a priori, sans éveiller les soupçons de sa femme", selon la source proche du dossier.

Coopération avec la justice

A l'issue de sa garde à vue, le suspect a été mis en examen le 9 juillet des chefs de "diffusion en bande organisée" et "détention et enregistrement" d'images pédopornographiques. Ce père de famille est également mis en examen pour des viols sur deux de ses trois enfants, des fillettes qu'il mettait en scène dans des contenus filmés qu'il produisait.

L'homme, qualifié de "pédophile actif" depuis plusieurs années, "a souhaité collaborer avec la justice, a assuré son avocat, Me Simon Takoudju. Ce n'est pas quelqu'un qui est dans une négation de l'horreur".

"Il s'est senti pris dans un engrenage avec l'impossibilité d'en sortir (...) depuis des années, il aurait voulu stopper tout cela. Cette arrestation quasiment salvatrice lui permettra (...) peut-être de trouver les raisons qui l'ont poussé à faire cela", a-t-il avancé.

"Terrible (...) horrible"

A Fontenac, village reculé de quelque 750 âmes où vivait cet homme, c’est la stupeur. "Comment a-t-il pu faire ça dans ce village? C'est perdu ici. Comment a-t-il pu avoir les moyens techniques ? Ici, on n'est pas équipé", s’étonnent des habitants.

A la mairie, l’édile élue, interrogée par CNews, s’offusque: "Toucher aux enfants, c’est terrible, ça fait plus de 6 ans qu’on le recherchait, ça me révolte. Pour sa famille, ses enfants, son épouse… C’est horrible."

Ses deux petites filles, âgées de 4 ans et 8 ans, ont déjà été entendues, tout comme leur mère, qui n’a "pour l’instant n'a pas été mise en examen, ni sous le statut de témoin. Ce qui veut dire qu’elle n'est pas inquiétée de près ou de loin par le juge d’instruction, même si cela peut évoluer", précise Me Simon Takoudju à France 3 Nouvelle-Aquitaine. Son client est quant à lui placé en détention provisoire à la maison d'arrêt de Gradignan.

Ambre Lepoivre avec AFP Journaliste BFMTV