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"C'est pas d'aujourd'hui!": la colère du frère d'Hervé Cornara, décapité en 2015

Didier Cornara appelle l'Etat à réagir après l'assassinat de Samuel Paty, un attentat qui survient cinq ans après la mort de Hervé Cornara, première victime du terrorisme à être décapitée en France.

Il estime que l'histoire de Samuel Paty sera oubliée dans cinq ans, comme celle de son frère. Au micro de BFMTV, Didier Cornara ne cache pas sa colère après la mort de l'enseignant, assassiné puis décapité à Conflans-Sainte-Honorine vendredi dernier. Un attentat terroriste qui fait tristement écho à celui qu'il avait connu en 2015 et qui avait entraîné la mort de son frère.

"Cela fait déjà cinq ans qu'ils ont commencé à décapiter des gens sur le sol français. C'est pas d'aujourd'hui! Ce qu'il s'est passé il y a cinq ans, ils l'ont oublié", déplore Didier Cornara sur notre antenne.

"Qu'est-ce qui a été fait?"

En juin 2015, Hervé Cornara était assassiné puis décapité à Chassieu (Rhône) par Yassin Salhi. L'assaillant avait notamment pris un selfie macabre avec la tête de son employeur avant de tenter de faire exploser l'usine Air Products de Saint-Quentin-Fallavier (Isère). Arrêté et placé en détention provisoire, il s'était finalement suicidé en prison quelques mois plus tard.

Cinq ans plus tard, Didier Coronara déplore qu'un tel drame puisse avoir encore eu lieu en France et dénonce le manque d'actions de l'Etat face à l'islamisme radical.

"À l'époque de mon frère il y avait environ 5000 fichés S. Aujoud'hui il y en a 20.000-30.000? Il y a plus de 8000 fichés S dangereux en France, qu'est-ce qui a été fait alors?", s'interroge encore Didier Cornara. "Mon frère il a été décapité aussi et il n'était pas prof. Il faut être prof pour que ça soit scandaleux d'être décapité?"

Hugues Garnier Journaliste BFMTV