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Braquage en Suisse: une partie du butin retrouvée enterrée dans une forêt

Le père aurait remis entre 13 et 26 millions d'euros en échange de la libération de sa fille. (Image d'illustration)

Le père aurait remis entre 13 et 26 millions d'euros en échange de la libération de sa fille. (Image d'illustration) - BFMTV

Un convoyeur de fonds a remis, jeudi dernier en Suisse, le fourgon qu'il conduisait à des malfaiteurs qui avaient enlevés sa fille à Lyon. Les malfrats auraient laissé une partie du butin à l'employé et à son collègue qui l'accompagnait. Les deux hommes disent l'avoir enterrée.

Le convoyeur de fonds qui a remis plusieurs millions d'euros à des malfaiteurs en échange de sa fille enlevée, la semaine dernière, à Lyon, a été placé en garde à vue samedi dans les locaux de la police judiciaire, à Lyon, a indiqué une source proche de l'enquête à BFMTV. Son collègue, présent le jour de la remise de l'argent, a lui aussi été entendu dans le cadre de cette enquête ouverte pour "enlèvement et séquestration" et confiée à la police judiciaire de Lyon, selon une source judiciaire. Tout comme la fille du convoyeur de fond.

Au terme de trois jours d'audition, les trois gardés à vue ont été remis en liberté dans la journée de mardi, sans poursuite. Lors de leurs entretiens avec les enquêteurs, les deux convoyeurs de fond ont raconté avoir enterré dans une forêt en Suisse une partie du butin que les malfaiteurs leur avait laissé au moment de livrer le fourgon en échange de la libération de la fille de l'un des employé enlevé plus tôt à Lyon. 

Version "cohérente"

Selon les dires de ces deux convoyeurs, lorsqu'ils ont livré samedi le fourgon rempli de fonds sur un parking à proximité de l'autoroute A1 en Suisse, les trois hommes armés leur ont laissé une partie du butin évalué entre 15 et 30 millions de francs suisses, c'est-à-dire entre 13 et 26 millions d'euros. Un sac rempli de billets a en effet été retrouvé par les enquêteurs à l'endroit indiqué, a encore appris BFMTV. Celui-ci contenait près de 300.000 euros.

Cette version des faits a été jugée "cohérente" et "vraisemblable" à ce stade, a indiqué une source proche de l'enquête à BFMTV.

Les enquêteurs ont également mis hors de cause la jeune fille de 22 ans, le récit de son enlèvement et de sa séquestration étant parfaitement cohérent. La victime a expliqué que quelques jours avant son enlèvement, elle avait reçu un appel d'une homme se présentant comme un livreur qui souhaitait vérifier son identité et son adresse. Le soir des événements, jeudi dernier, elle attendait l'intervention d'un plombier. Quand deux hommes, habillés en plombier, se sont présentés à son domicile, elle a naturellement ouvert sa porte. Elle a alors été ligotée, puis enfermée dans un sac plastique qui a été placé dans le coffre d'un véhicule. La jeune fille a alors été relâchée en pleine nature dans l'Ain.

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Faux plombiers

La jeune fille de 22 ans avait été découverte par les gendarmes, jeudi à 21h40, au bord d'une route sur la commune de Tramoyes, dans l'Ain. Très "choquée", elle leur avait raconté avoir été enlevée à 18h30 dans son appartement à Lyon par deux hommes qui s'étaient fait passer pour des plombiers.

Selon les dires de la victime, ses ravisseurs l'auraient séquestrée dans leur véhicule. Pendant ce temps, selon une source policière, "des personnes se disant en lien avec les ravisseurs" avaient contacté par téléphone son père qui travaille en Suisse pour une société de transport de fonds, lui réclamant une rançon. Domicilié à Annemasse, en Haute-Savoie, le convoyeur et son collègue étaient justement en train d'effectuer une tournée avec leur fourgon rempli d'argent, en Suisse.

D'après les premiers éléments de l'enquête, le père avait alors accepté de se rendre au rendez-vous fixé par les malfrats, sur un parking situé sur l'autoroute A1 suisse, dans le canton de Vaud, pour leur remettre la rançon: le contenu du fourgon. Le père avait livré le même récit que sa fille. 

A.S. avec Sarah-Lou Cohen et AFP