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Avocate de Jacqueline Sauvage: "Je ne pense pas qu'elle pourra tenir jusqu'en 2018"

Nathalie Tomasini, l'une des avocates de Jacqueline Sauvage, s'est exprimée à la télévision ce vendredi sur BFMTV pour la première fois depuis la décision de sa cliente de renoncer à faire appel de son maintien en prison.

"Je ne l'avais jamais entendue aussi perdue et désespérée", a confié Nathalie Tomasini, l'une des avocates de Jacqueline Sauvage, ce vendredi sur BFMTV.

"Nous ferons tout pour la faire sortir", a assuré Nathalie Tomasini, qui s'exprimait pour la première fois à la télévision depuis l'annonce de sa cliente de ne pas faire appel de son maintien en prison.

Jacqueline Sauvage, qui a tué son mari violent, a été condamnée à 10 ans de réclusion criminelle. Après une grâce partielle accordée par le président François Hollande en janvier et sa demande de libération conditionnelle rejetée, elle a décidé de renoncer à continuer la bataille judiciaire.

Une femme à bout de nerfs

L'avocate a contacté Jacqueline Sauvage ce vendredi après-midi par téléphone. Elle a livré son ressenti sur BFMTV. "Je dois vous avouer qu'elle m'a fait peur", a-t-elle déclaré l'estimant "extrêmement fragile". Elle a confié ne pas penser "qu'elle pourra tenir jusqu'en 2018", date de fin de sa peine.

Jacqueline Sauvage a décidé de ne pas faire appel de son maintien en prison parce qu'"elle ne souhaite plus se battre, elle en a assez" et "ne veut plus continuer à s'expliquer", a rapporté l'avocate. Elle a pris sa décision "mercredi soir", selon Nathalie Tomasini. C'est Sylvie Marot, l'une de ses filles, qui a transmis sa volonté via une lettre.

Une lettre de sa fille pour se confier

L'avocate a lu cette lettre avec émotion. Il y est question de la surmédiatisation de l'affaire où un "nouveau procès est fait à chaque évaluation". Elle est notamment revenue sur l'attitude des magistrats qui "se moquent de maman, qui ne veulent pas croire les supplices qu'elle a subis, qui la rappelle à l'ordre quand elle a le malheur de se contredire mais elle ne se contredit pas, elle ne sait simplement pas comment s'expliquer".

C'est à la fin de la lettre qu'elle a rapporté que sa mère était "prête à finir sa peine, jusqu'en 2018", en espérant que les Français allaient "comprendre cette décision".

De la grâce partielle à la grâce totale

Après avoir déclaré qu'elles "feront tout (avec son associée, ndlr), absolument tout pour qu'elle puisse sortir" et rejoindre "ses filles", l'avocate est revenue sur la décision du tribunal d'application des peines, qui a refusé sa libération conditionnelle.

François Hollande, qui lui avait accordé une grâce partielle il y a plusieurs mois, est maintenant sollicité pour lui attribuer une grâce totale "demandée par l'ensemble de la société", a dit l'avocate. Pour elle, "dans cette affaire, tout le monde doit prendre sa part de responsabilité"

Nathalie Tomasini a qualifié l'"affaire Jacqueline Sauvage" de "véritable symptôme de cette société qui est malade de l'inégalité qui subsiste encore entre les droits des hommes et les droits des femmes".

J. B.