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Avalanche aux Deux-Alpes: pourquoi les skieurs étaient-ils sur cette piste fermée?

Une enquête de flagrance a été ouverte après la mort de trois skieurs mercredi, dont deux lycéens, emportés par une coulée de neige aux Deux Alpes.

Il était 15h45 mercredi lorsqu'une avalanche s'est déclenchée sur une piste noire des Deux Alpes, en Isère, une piste fermée depuis le début de la saison. Pourtant, malgré cette mise en garde matérialisée, des skieurs l'ont emprunté toute la journée. Et au moment de la coulée de neige, dix élèves et leur professeur ainsi qu'un Ukrainien se trouvaient sur la piste. Trois d'entre eux, dont le touriste extérieur au groupe scolaire, ont été tués.

"Comment peut-on imaginer d'emmener des enfants, après des périodes de neige forte, sur une piste qui était fermée?", s'est interrogé peu après le ministre de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner, sur Europe 1. "Pour quelle raison l'accompagnant qui est lui-même blessé les a amenés sur cette piste non ouverte? C'est l'enquête judiciaire qui le dira".

Jean-Paul Bonnetain, préfet de l'Isère, a précisé jeudi sur RMC que "les premières constatations faites par la gendarmerie confirment que la piste était fermée, avec la pose des filets réglementaires qui en interdisaient l'accès". "L'encadrant du lycée lyonnais était expérimenté selon les premiers témoignages, et connaissait les conditions d'exercice de cette activité-là. Il possédait les qualifications nécessaires", ajoute-t-il. 

"La neige n'avait pas eu le temps de se tasser"

Ryan, un skieur rencontré par BFMTV, est passé par cette piste deux heures avant le groupe d'élèves et l'accident. Il a effectivement vu la signalisation empêchant de l'emprunter, mais il ne l'a pas respecté. Il décrit un manteau neigeux particulièrement mouvant.

"On sentait que la neige venait de tomber, elle n'avait pas eu le temps encore de bien se tasser, ce n'était pas solide", témoigne-t-il.

La coulée de neige s'est déclenchée à 2.813 mètres d'altitude, tandis que le groupe se trouvait 400 mètres plus bas. Les enquêteurs privilégient un déclenchement spontané ou par résonance dans le manteau neigeux. 

"C'est une avalanche de 20 mètres de large, sur 100 mètres de dénivellation et 300 mètres de long. Un cas typique de plaque à vent, c'est-à-dire d'une plaque de neige formée par le vent très fort des derniers jours. La neige fraîche a trop peu adhéré", précise Dominique Létang, directeur de l'Agence nationale pour l'étude de la neige et des avalanches. "Ce qui interpelle, c'est le nombre de gens impliqués alors qu'on répète sans arrêt qu'il faut passer un par un quand il y a une instabilité du manteau neigeux. Cela fait rager. Le risque d'avalanche était de trois sur une échelle de cinq", conclut-il.

A. Gonzalez avec F. Pitrel, E. Bonnamour, A. Heulard.