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Aubervilliers: l'enseignant qui avait inventé une agression islamiste devant la justice

Un double examen psychiatrique a conclu à une altération du discernement.

Un double examen psychiatrique a conclu à une altération du discernement. - Jacques Demarthon - AFP

En décembre dernier, un instituteur de l'école maternelle Jean Perrin à Aubervilliers avait raconté s'être fait agresser dans sa salle de classe par un homme invoquant Daesh. Rapidement, il avait avoué aux enquêteurs avoir tout inventé.

L'affaire avait crée une grande émotion un mois après les attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis. Un enseignant de l'école maternelle Jean Perrin à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, est jugé à partir de jeudi au tribunal de Bobigny pour "dénonciation mensongère à autorité judiciaire ou administrative entraînant des recherches inutiles".

Le 14 décembre dernier, l'instituteur de 45 ans avait raconté avoir été agressé à l'arme blanche dans sa salle de classe par un homme invoquant Daesh. Une attaque qui avait entraîné son hospitalisation. Pourtant très rapidement devant les enquêteurs, l'homme va avouer avoir tout inventé. Pour ces faits, il risque jusqu'à six mois de prison et 7.500 euros d'amende.

"Tentative d'assassinat"

Dans un premier temps, l'instituteur avait raconté se trouver dans sa salle de classe avant l'arrivée des élèves à l'école Jean Perrin, à Aubervilliers. Il est aux alentours de 7 heures du matin, l'enseignant est en train de préparer sa classe, selon ses premières déclarations, quand un homme cagoulé et ganté fait irruption et lui porte des coups de cutter à la gorge et au flanc. L'arme sera retrouvée sur les lieux.

Seul problème pour vérifier ces déclarations: aucun témoin n'était présent et personne n'a vu l'agresseur prendre la fuite. Un enquête pour "tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste" est ouverte. D'abord confiée à la brigade criminelle de la police judiciaire parisienne, le parquet de Bobigny est dessaisi au profit du parquet-antiterroriste de Paris, l'agresseur s'étant revendiqué de l'Etat islamique.

"Altération du discernement"

Hospitalisée, la victime imaginaire va être entendue par les enquêteurs. C'est au cours de cet interrogatoire qu'il va avouer avoir tout inventé. Un double examen psychiatrique va conclure à une "altération de son discernement et à l'incompatibilité de son état de santé avec une mesure de garde à vue".

Quelques heures après la révélation de cette fausse agression, l'émotion avait envahi la classe enseignante et le monde politique, surtout un mois après les attentats du 13 novembre. L'enseignant, qui travaille depuis 20 ans dans cet établissement, est "apprécié", avait indiqué le maire PCF d'Aubervilliers.

Et dans ce contexte, la ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, avait fait le déplacement. Elle avait dénoncé "un acte d'une grande gravité". La ministre avait également confirmé que la sécurité serait renforcée dans les établissements scolaires.

J.C.