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Attentat en Isère - L'auteur présumé était fiché "S": en quoi ça consiste?

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L'auteur présumé de l'attentat en Isère ce vendredi contre une usine était connu des services de police. Selon les propos de Bernard Cazeneuve, il a été fiché "S" en 2006, avant que cette surveillance ne soit levée en 2008.

Yassine Salhi avait sa fiche aux renseignements. Celui qui est l'auteur présumé de l'attentat de ce vendredi contre une usine Air Products était fiché "S", comme "sûreté de l'Etat", a indiqué le ministre de l'Intérieur à la mi-journée. L'homme avait été fiché en 2006 par les services de renseignements pour "radicalisation". Bernard Cazeneuve a précisé que le suspect était "en lien avec la mouvance salafiste".

Mais la fiche du présumé terroriste n'a pas été renouvelée en 2008. De fait, les fiches "S" ont une durée de vie de deux ans, si les services de renseignement ne jugent pas bon de poursuivre la surveillance.

Jean-Louis Bruguière, ancien juge antiterroriste, expliquait à BFMTV que ce dispositif de renseignement "n'emporte pas d'action judiciaire". "Il n'y a pas d'incidence sur la justice", détaillait-il. Selon l'ancien magistrat, ce fichage "permet aux services de mettre un individu dans le radar, des individus potentiellement suspects et de pouvoir les suivre à distance".

Fiche "S", comme Sid Ahmed Ghlam, Mohamed Merah et Mehdi Nemmouche

Concrètement, cette fiche "S" ne permet ni une arrestation ni l'expulsion d'un individu de nationalité étrangère. En revanche, elle peut donner lieux à des écoutes et à une surveillance quand les motifs s'y prêtent, mais sans être le cas en permanence. Si un individu reste en dehors des radars pendant deux ans, il peut passer entre les mailles du filet et voir sa fiche non-renouvelée. 

La fiche "S" est l'une des 21 sous-fiches du "fichier des personnes recherchées", qui comportait en 2010 plus de 400.000 noms. Parmi les indicateurs de ce fichier, on peut trouver le "V" pour les évades, "R" pour "opposition à résidence en France", "IT" pour "interdiction du territoire", ou encore "S", pour sûreté de l'Etat, comme c'est le cas ici. Cette dernière fiche a elle même seize degrés de surveillance.

Selon Libération, Sid Ahmed Ghlam, arrêté en avril alors qu'il est suspecté d'avoir voulu commettre un attentat dans une église, était au niveau 13 de la fiche "S". De son côté, Mohammed Merah était au niveau 5 d'après le quotidien. Concernant Yassine Salhi, on ignore pour le moment qu'elle était son niveau de fichage.

I. V.