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Attentat de Conflans-Sainte-Honorine: la responsabilité de certains parents d'élèves en question

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Justice - AFP

Du côté du monde associatif et du monde politique, plusieurs voix s'élèvent pour que les personnes ayant attaqué sur les réseaux sociaux l'enseignant assassiné vendredi à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) soient entendues par la justice.

Au lendemain de l'attentat islamiste qui a coûté la vie de Samuel Paty, un professeur d'histoire-géographie décapité à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, neuf personnes ont été placées en garde à vue. Parmi elles, quatre membres de la famille de l'assaillant, mais également un parent d'élève issu du collège de l'enseignant, selon nos informations.

L'homme est présenté comme l'auteur d'une vidéo diffusée le 8 octobre sur les réseaux sociaux dans laquelle il se plaignait que le professeur avait montré, le 5 octobre, lors d'un cours, des caricatures de Mahomet à ses élèves. Ce père d'une jeune fille s'était plaint auprès de la proviseure et avait porté plainte contre lui. Samuel Paty, entendu le 12 octobre par les policiers dans le cadre de l'ouverture d'une enquête, avait à son tour décidé de déposer plainte pour "diffamation" et "dénonciation calomnieuse".

Face aux personnes, dont le parent d'élève, qui ont attaqué l'enseignant sur les réseaux sociaux après son cours, plusieurs voix s'élèvent désormais pour que des poursuites juridiques soient engagées contre elles.

Parmi elles la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), qui a indiqué vendredi sur Twitter que "ceux qui ont mis une cible dans le dos de cet enseignant martyr sur les réseaux sociaux depuis une semaine, ceux qui ont voulu blâmer sa liberté auprès d’officines antirépublicaines laicophobes devront rendre des comptes devant l’opinion comme devant la justice".

"Responsables de ce qui a pu se passer"

Une position partagée par Aurore Bergé, députée LaREM des Yvelines, interrogée ce samedi sur BFMTV.

"Les parents qui ont participé à ce lynchage public d'un enseignant, qui ont dévoilé son identité et d'autres informations, le fait qu'ils aient été interpellés c'est un signal très fort qui est envoyé pour dire que nous ne devons rien laisser passer. Ceux qui ont participé à ce lynchage public qui a conduit ensuite à cet assassinat sont aussi responsables de ce qui a pu se passer", a-t-elle assuré.

De son côté, Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, a également demandé, sur Twitter, à ce que ces personnes soient "interpellées" et "lourdement condamnées". Idem pour Florian Philippot, président du parti Les Patriotes, qui a assuré qu''il faut "poursuivre" les parents d'élèves "qui ont du sang sur les mains".

Ce samedi, lors d'une conférence de presse, Jean-Michel Blanquer a qualifié la vidéo de "totalement scandaleuse, mensongère, faite pour aboutir à quelque chose probablement de violent, quelque chose pour créer du conflit, qui à la fin a créé cette tragédie".

Le ministre de l'Education nationale a ajouté que "le reste relève maintenant d'éléments judiciaires qui ne [lui] appartient pas de dire et de développer".

Clément Boutin Journaliste BFMTV