BFMTV

Attaque à Villeneuve-Saint-Georges: les pompiers sont-ils en danger ?

Après la mort d'un sapeur-pompier mardi lors d'une intervention à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), la sécurité et la formation des sauveteurs sont remises en question.

Beaucoup d'interrogations sur la sécurité des pompiers après l'agression mardi de deux d'entre eux à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), dont l'un, Geoffroy Henry, 27 ans, a été tué à l'arme blanche par un homme de 31 ans en "crise de démence".

Faire face à l'évolution de la violence

Alors les pompiers sont-ils suffisamment préparés ? Pour Laurent Vibert, expert en gestion de crise et lui même ancien pompier de Paris, s'il est difficile de faire face à toutes les menaces rencontrées dans ce métier, les sapeurs-pompiers ont dans leur formation initiale des modules permettant d'appréhender ces niveaux de violences:

"Il y a quelques années on ne le faisait pas donc c'est un plus, mais on constate une évolution de la violence notamment dans les grandes cités, dans les grandes villes et à Paris bien évidemment."

L'encadrement des forces de police nécessaire

"Le sapeur-pompier est là pour sauver, apporter du secours, notamment des gestes d'urgence. Lorsqu'on a une personne schizophrène, sous l'emprise de drogues, même à trois hommes c'est parfois très difficile de contenir une violence pareille. Je pense que dans ces là c'est surtout l'effet de surprise: lorsque l'on vient de parler avec la victime et qu'elle revient et vous porte des coups de couteau on ne peut pas faire grand chose malheureusement", poursuit-il.

Pour Laurent Vibert, il serait préférable dans ce genre de cas à risque que les trois entités, médicale, sauvetage et forces de police soient présentes sur les lieux: "Pour pouvoir assurer la sécurité, et des sauveteurs, et de la personne qui est en démence, c'est un minimum", juge-t-il.

Le droit de retrait

Pour l'expert, les pompiers sont désormais contraints à se poser les bonnes questions avant une intervention:

"Il va parfois falloir faire la part des choses entre aller dans une cité pour éteindre des feux de poubelles, des feux de voitures, et attendre une urgence réelle, parce que parfois derrière, c'est un guet-apens."

Laurent Vibert insiste également sur la possibilité pour les sapeurs-pompiers professionnels ou volontaires d'exercer leur droit de retrait: "Si leur vie est en danger, ils ne s'engageront pas et c'est un risque puisque c'est la société qui du coup ne sera pas secourue", conclut-il.

M. F. avec BFM Paris