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Attaque à la Préfecture de police: pourquoi les enquêteurs envisagent la piste terroriste?

INFO BFMTV - Plusieurs personnes auditionnées ont expliqué que l'assaillant avait légitimé les attentats de 2015.

Vendredi, au lendemain de l'attaque au couteau qui a fait quatre morts à la préfecture de police de Paris, le parquet national antiterroriste (PNAT) s'est saisi de l'enquête, ce qui signifie que le mobile terroriste est privilégié par l'autorité judiciaire. Cette décision a été motivée par plusieurs éléments de l'enquête.

Des SMS intrigants 

Depuis jeudi soir, soit quelques heures seulement après les faits, le PNAT était en "embuscade", car plusieurs raisons auraient pu justifier qu'il ouvre une enquête dès le départ. Mais le PNAT a choisi d'attendre les premiers résultats de l'enquête menée en premier lieu par le parquet de Paris et les premiers résultats des investigations et auditions, notamment des collègues de Michael Harpon.

Selon nos informations, c'est d'abord l'exploitation du téléphone d'un individu dont l'identité n'a pas été révélée et des échanges suspects de ce dernier avec l'assaillant qui ont conduit à la saisine du PNAT. De plus, lors des perquisitions, les enquêteurs ont retrouvé des téléphones. Leur exploitation a mis au jour des échanges de textos troublants entre l’auteur de l'attaque et sa femme.

Il avait légitimé les attentats de 2015

Toujours selon nos informations, plusieurs personnes auditionnées ont par ailleurs expliqué que ce fonctionnaire de 45 ans avait légitimé les attentats de 2015 auprès de ses collègues. Et selon l'un de ses collègues, Michael Harpon ne serrait plus la main des femmes depuis trois semaines.

Autre élément: l'achat, le matin même de l'attaque, d'un couteau. Celui dont l'assaillant s'est servi pour tuer violemment quatre fonctionnaires. Ce qui amène les enquêteurs à penser qu'il y avait préméditation. 

Des fréquentations au sein de la mouvance salafiste

Une source proche du dossier a expliqué à BFMTV qu'il s'était converti à l'islam en 2008 et non pas depuis 18 mois comme cela avait été évoqué à plusieurs reprises. Enfin, l'individu fréquentait des personnes appartenant à la mouvance salafiste. Autant d'éléments qui ont finalement amené à la saisine du parquet national antiterroriste, vendredi en fin de journée. 

L'enquête de flagrance, jusque-là sous la houlette du parquet de Paris, a été reprise sous les qualifications d'"assassinat et tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste" ainsi que pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle".

Les investigations ont été confiées à la brigade criminelle de la Direction régionale de la police judiciaire de Paris (DRPJ), la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), selon cette même source.

Sarah-Lou-Cohen avec Cyrielle Cabot