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Paris: qui est Michael Harpon, l'auteur de l'attaque au couteau à la préfecture de police?

Quatre personnes sont mortes après avoir été agressées à l'arme blanche ce jeudi à la Préfecture de police de Paris. L'assaillant a été abattu. Cet homme de 45 ans était un fonctionnaire administratif, employé depuis près de 20 ans au sein de la préfecture.

Quelques heures après l'agression à l'arme blanche qui a coûté la vie à quatre policiers au sein de la Préfecture de police de Paris, le profil de l'assaillant semble peu à peu se dessiner. 

Né à Fort-de-France, en Martinique, cet agent administratif de 45 ans nommé Michael Harpon était marié et père de famille. Ce jeudi entre 12h et 13h, l'auteur de l'attaque est monté à l'étage dans les bureaux de la Direction du renseignement pour poignarder une policière, avant d'emprunter les escaliers pour redescendre. Sur sa route, il attaque trois autres fonctionnaires de police avec son couteau de cuisine, avant d'être finalement abattu par un policier dans la cour de la préfecture. 

Une perquisition a été menée à son domicile de Gonesse dans le Val-d'Oise, ce jeudi après-midi, et plusieurs personnes ont été interpellées. Le frère de l'assaillant a été entendu comme témoin. L'épouse de Michael Harpon a, elle, été placée en garde à vue. Selon des informations de BFMTV, elle a déclaré que son compagnon "a entendu des voix" la veille de l'attaque et, "était incohérent".

Un agent administratif souffrant d'un léger handicap

L'homme de 45 ans était employé à la PP depuis 1993, selon Loïc Travers, du syndicat Alliance. L'assaillant était agent administratif de catégorie C, plus précisément informaticien au sein du département technique de la Direction du renseignement de la préfecture. Celui-ci était porteur d’un léger handicap de surdité, tout comme son épouse.

Cet individu, explique ce syndicaliste, était un fonctionnaire modèle, très apprécié de ses collègues. Selon nos informations, il était déjà monté en grade puisqu'il avait été affecté en 2003 au service très sensible du renseignement de la préfecture de police de Paris.

"Son travail consistait à travailler sur les systèmes d'information, il y avait donc là une habilitation 'secret défense', la plus haute au sein de la police", explique Driss Aït Youssef, président de l'institut Léonard de Vinci, spécialiste des questions de sécurité. Cette habilitation, selon lui, devait "théoriquement montrer que cet individu ne présentait pas de problèmes de moralité incompatibles avec des fonctions de traitement d'informations sensibles". 

Lors d'une conférence de presse ce jeudi après-midi, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a d'ailleurs précisé que l'homme "était connu dans le service", et qu'il "n'avait jamais présenté de difficultés comportementales" ni "le moindre signe d'alerte".

Un homme très apprécié de ses collègues

D'après nos informations, l’auteur de l’attaque s’était converti à l’islam depuis 18 mois, mais on ignore pour l'instant s'il existe le moindre lien entre sa conversion et ce passage à l'acte. De nombreux éléments ont été saisis lors de la perquisition de son domicile mais rien ne permet d’accréditer à ce stade une quelconque radicalisation. 

Bien qu'il s'agissait d'un homme très apprécié de ses collègues, l'homme avait l'impression de vivre une frustration professionnelle ces derniers temps, selon nos informations. Il regrettait de ne pas pouvoir évoluer davantage au sein de la hiérarchie. Étant malentendant, cela faisait plusieurs mois que cet informaticien de 45 ans réclamait un interprète en langue des signes, dans l'espoir de pouvoir évoluer vers des postes de concepteurs de réseaux.

L'homme "n'avait pas beaucoup d'amis autour de lui", a indiqué sur notre antenne Roger Obargui, un témoin et employé de la préfecture de police de Paris. Ses voisins dans le Val-d'Oise, eux, disent n'avoir rien remarqué d'anormal. Ils qualifient Michael Harpon d'"homme très ordinaire". 

Rémy Heitz a indiqué qu'une enquête avait été confiée à la brigade criminelle de la direction régionale de la police judiciaire des chefs "d'homicide volontaire sur personne dépositaire de l'autorité publique" et "tentative d'homicide volontaire sur personne dépositaire de l'autorité publique". Le parquet antiterroriste surveille la situation.

Hugo Septier et Jeanne Bulant