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Attaque à la préfecture de police de Paris: 106 policiers signalés pour des risques de radicalisation

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Depuis l'attaque à la préfecture de police de Paris le 3 octobre dernier, 106 policiers ont été signalés pour des soupçons de radicalisation. Leur cas est actuellement examiné par les autorités.

La vigilance est de mise après l'attaque de la préfecture de police de Paris au cours de laquelle Mickaël Harpon, un fonctionnaire administratif, a tué quatre policiers. Depuis le 3 octobre, 106 policiers ont été signalés pour des soupçons de radicalisation, la moitié des cas concerne la préfecture de police de Paris. Un chiffre rendu public par le ministre de l'Intérieur, invité ce mardi de BFMTV.

"Ça ne veut pas dire qu’ils sont radicalisés, 106 cas sur 150.000 policiers, mais sur lesquels nous avons besoin d'approfondir, sur lesquels il y a un contrôle particulier, des examens qui sont faits pour être sûrs", a rappelé Christophe Castaner.

9 policiers désarmés

Parmi ces cas, 80 ont été classés car infondés ou fantaisistes. Il y a par exemple ce policier signalé par ses collègues qui le soupçonnaient d'aller prier dans une salle fermée à clé. L'enquête n'a pas pu déterminer s'il allait réellement prier. Concernant les situations signalées à la préfecture de police de Paris, 44 cas sont toujours en cours de vérification. Au total, quatre policiers ont toutefois été suspendus et depuis le 3 octobre, et 9 policiers ont été désarmés pour des soupçons de radicalisation.

"Mais attention, ce n'est pas parce qu'on est musulman qu'on est radicalisé, ce n'est pas parce qu'on est juif qu'on est radicalisé, c'est pas parce qu'on est athée et fan d'un club de football qu'on est radicalisé", a martelé le ministre de l'Intérieur.

"Bon niveau de contrôle"

Après le quadruple meurtre commis par Mickaël Harpon, le Premier ministre avait commandé deux missions à l'Inspection des services de renseignement. Une série de mesures avaient alors été annoncées, destinées à renforcer la sécurité interne des services de renseignement. Ces missions avaient également permis de conclure à l'hétérogénéité des procédures en fonction des services lorsqu'ils sont confrontés à des risques de radicalisation.

"On a des signalements, nous les étudions avec une grille d'indicateurs précis et ce sont des hommes et des femmes spécialisées dans la lutte contre la radicalisation qui se prononcent et qui nous disent les recommandations qu'il faut faire", a ajouté Christophe Castaner, assurant que le ministère de l'Intérieur avait "un bon niveau de contrôle".

Ce mercredi, Éric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes et Florent Boudié, député LaREM de Gironde, respectivement président et rapporteur de la commission d’enquête sur les dysfonctionnements ayant conduit aux attaques commises à la préfecture de police de Paris présenteront l'état d'avancement de leurs travaux.

Justine Chevalier