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Police-Justice

Ile-de-France: deux policiers soupçonnés de radicalisation privés de leur arme, l'un d'eux suspendu

Police (illustration)

Police (illustration) - AFP

Depuis l'attaque meurtrière qui a fait quatre morts à la préfecture de police de Paris, les policiers sont invités à signaler à leur hiérarchie les éventuels "signes de radicalisation" de leur collègues.

Le corps policier est inquiet, une semaine après l'attentat perpétré par l'un des leurs au sein de la préfecture de police de Paris. Mickaël Harpon, agent administratif soupçonné de radicalisation, a tué quatre de ses collègues à l'arme blanche jeudi dernier au sein de l'institution.

"Cette attaque est en soi une défaillance grave", a reconnu le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner jeudi, évoquant "des signes de radicalisation qui n'ont pas été remontés au bon niveau". "Nous devons comprendre" ce qui s'est passé pour "empêcher que cela se reproduise".

Selon Le Parisien, le préfet de police Didier Lallement a ainsi rédigé une note le 7 octobre dernier dans laquelle il appelait l'ensemble des directeurs de service à "signaler immédiatement à (leur) hiérarchie les signes d'une possible radicalisation d'un agent ". Depuis, deux policiers qui exerçaient en région parisienne ont été désarmés à la suite de signalements de la part de leurs collègues, selon les informations du Parisien, dont BFMTV a pu obtenir confirmation.

Un comportement jugé prosélyte

Au commissariat de Villeneuve-la-Garenne dans les Hauts-de-Seine, un policier de la brigade anticriminelle (BAC) a été désarmé après des changements constatés dans son comportement. L'agent faisait ses prières au travail, refusait de serrer la main aux femmes et se montrait prosélyte, affirment des sources concordantes à BFMTV. Le policier avait été révoqué mais avait été réintégré après avoir déposé un recours devant le tribunal administratif, indiquent des sources concordantes à BFMTV. 

Un autre policier de région parisienne s'est aussi vu retirer son arme. Ce capitaine de la police judiciaire de Paris, en poste à la Brigade d'exécution des décisions de justice, s'est converti à l'islam vers 2011. La préfecture de police a demandé sa suspension, qui sera examinée à son retour par la direction de la police nationale, précise une source proche du dossier à BFMTV.

Mélanie Bertrand avec Jeanne Bulant