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Police-Justice

"Arrêtez, vous allez le tuer!": Adel raconte comment il a protégé un policier du lynchage

Adel raconte comment il est venu en aide à un policier pris pour cible par des manifestants violents samedi dernier sur les Champs-Elysées.

Samedi dernier, Adel le reconnait volontiers, il était venu sur les Champs-Elysées "par curiosité" après avoir vu les images de violences et de chaos en marge de l'Acte 18 des Gilets jaunes.

"Je me rendais au travail, je devais aller à l'hippodrome d'Auteuil. Quand j'ai vu les images, je me suis dit 'c'est pas possible', raconte le trentenaire à BFMTV.com. Je voulais voir en vrai."

Le jeune homme n'est pas descendu beaucoup plus bas que le magasin Bulgari, en haut de la célèbre avenue. 

Au milieu des Champs-Elysées

Au milieu du mobilier urbain jeté au sol, des projectiles lancés sur les forces de l'ordre, les policiers tentent de repousser ces individus violents vêtus pour la plupart de noir, le visage masqué. Après une énième charge, une unité de fonctionnaires se regroupe. 

"Y'a des collègues la-bas", hurle alors un policier.

Au milieu de l'avenue des Champs-Elysées, un policier des DAR, détachements d'action rapide, en civil mais protégé par un casque, est en train d'être violemment pris à partie par les individus, et ne peut alors rejoindre ses collègues. Il est projeté au sol, face à la foule.

"Il allait se faire tuer"

"J'ai vu un attroupement, raconte Adel. C'était comme ces rondes avec un homme au sol et tous les autres qui donnent des coups, chacun voulait y aller de son coup de pied".

Face à la situation "électrique", comme il la décrit, Adel décide de s'interposer en repoussant les assaillants. "Je me suis mis devant eux et je leur ai crié 'Arrêtez! Vous allez le tuer'. Je me suis allongé sur lui pour le protéger et je lui ai dit 'T'inquiète pas je te protège'". Sur une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, un second homme vient en soutien à Adel. Il porte un gilet jaune et un drapeau tricolore accroché au cou. Les deux hommes vont rester jusqu'à l'arrivée des autres policiers.

"Il allait se faire tuer, insiste le jeune homme. Il m'a dit 'merci'. Je l'ai revu un peu plus tard dans une autre charge".

"Jamais" enfilé de gilet jaune

Adel a participé aux premières manifestations en novembre et en décembre. Après l'annonce des mesures du gouvernement à la fin de l'année 2018, le trentenaire, restaurateur en Seine-et-Marne, avait raccroché son gilet jaune, qu'il n'a "jamais enfilé", précise-t-il. 

Adel estime que son geste est normal. "Quand j'étais petit je voulais être policier, s'amuse-t-il. Mais je n'ai pas la nationalité française donc je n'ai pas pu". Le jeune homme, originaire d'Algérie, est arrivé à l'âge d'un an en France, mais n'a jamais demandé à être naturalisé. "Ca ne m'a jamais empêché de faire des études, de travailler", estime-t-il. A 30 ans, il est en passe d'ouvrir un deuxième restaurant.

Justine Chevalier