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Arnaque au permis de conduire jugée à Nanterre: quand des people obtenaient leur permis sans le passer

Les candidats au permis de conduire l'obtenait sans le passer.

Les candidats au permis de conduire l'obtenait sans le passer. - AFP

Six personnes sont renvoyées devant le tribunal correctionnel de Nanterre, suspectées d'avoir organisé un trafic de faux permis de conduire pour des personnalités de la télévision ou encore des footballeurs. Parmi les prévenus figure Patrick Antonelli, le mari de la chanteuse Amel Bent, ancien gérant d'auto-école.

Ils proposaient le permis de conduire sans passer par la case des 20 heures de conduite. Six personnes sont jugées à partir de ce mercredi devant la 15e chambre du tribunal correctionnel de Nanterre pour avoir monté une arnaque entre octobre 2013 et avril 2015 permettant à des candidats en mal du fameux sésame rose de l'obtenir sans avoir à passer l'examen. La formule pouvait atteindre les 12.000 euros pour des clients fortunés, star de la télévision ou du ballon rond.

Parmi les noms célèbres figurent celui d'Ali Baddou, journaliste et animateur à la télévision et à la radio mais aussi les footballeurs du PSG Jérémy Menez et Layvin Kurzawa, qui auraient profité de la magouille mise en place par Patrick Antonelli, connu pour être le mari de la chanteuse Amel Bent, gérant de deux auto-écoles à Neuilly-sur-Seine et Puteaux, dans les Hauts-de-Seine. D'autres clients fortunés, comme des chefs d'entreprises ou des médecins, font également partie des clients. Certains n’avaient jamais passé leur permis, certains avaient eu une annulation de permis. Eux ne sont pas poursuivis.

Des permis entre 2 et 12.000 euros

Mis en examen en mai 2016, Patrick Antonelli a reconnu la combine devant la justice: l'homme, aujourd'hui âgé de 43 ans, enregistrait les dossiers de manière régulière à la préfecture puis les transmettait à une agente du service des permis. Cette fonctionnaire effectuait ensuite les modifications sur le Fichier national des permis de conduire (FNPC) pour délivrer au bénéficiaire le permis sans qu'il passe l'examen. Cette prestation variait entre 2.000 et 12.000 euros, que le duo se partageait à parts égales et dont ils profitaient pour améliorer leur train de vie, entre voyages onéreux et véhicules de luxe.

Poursuivie elle aussi, la fonctionnaire minimise son action et reconnaît une trentaine de faits sur les 74 permis qui lui sont reprochés. Elle contredit également la version de l'ancien gérant d'auto-écoles en assurant ne pas avoir été rémunérée pour son rôle dans la combine mais avoir simplement reçu des cadeaux en contre-partie. Deux autres fonctionnaires sont également jugés, soupçonnés d'avoir pris le relais de la première lorsque cette dernière a quitté la préfecture des Hauts-de-Seine pour la mairie de Nanterre, en 2014. A chaque fois, les agents de la préfecture ont été confondus par l'utilisation de leur code d'accès pour accéder aux dossiers frauduleux.

Deux autres personnes sont jugées à leurs côtés jusqu'à vendredi. La première est la personne qui a mis en contact Patrick Antonelli et la fonctionnaire de la préfecture des Hauts-de-Seine, même si les deux protagonistes s'opposent également sur l'origine et la mise en place de la magouille. Enfin, le sixième prévenu est l'intermédiaire qui aurait permis de fournir d'autres clients à Patrick Antonelli, qui a passé quatre mois en détention provisoire avant d'être remis en liberté sous contrôle judiciaire. Des clients appartenant tous à la communauté asiatique, qui ont eux aussi bénéficié de vrais-faux permis. L'enquête s'était notamment attachée à retirer de la circulation ces documents.

Justine Chevalier