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Après les violences à Paris, des casseurs et des gilets jaunes devant la justice

Un manifestant jette un projectile lors du mouvement des gilets jaunes samedi 1er décembre près de l'Arc de Triomphe à Paris.

Un manifestant jette un projectile lors du mouvement des gilets jaunes samedi 1er décembre près de l'Arc de Triomphe à Paris. - GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

La justice essaie toujours de distinguer les gilets jaunes des casseurs, en ce début de semaine. Après les violences qui ont eu lieu à Paris le week-end dernier, en marge des manifestations des gilets jaunes, les comparutions immédiates se poursuivent au tribunal correctionnel de Paris.

Les premières sanctions se succèdent, après les violences qui ont eu lieu samedi dernier près de l'Arc de triomphe à Paris. Alors que 20 peines de prison ferme ont été prononcées lundi, quelque 21 personnes étaient jugées en comparution immédiate ce mardi après-midi, à la 23e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

"C'est la guerre" a écrit l'un des prévenus, déménageur de profession, dans des messages trouvés sur son téléphone. L'individu est soupçonné d'avoir mordu un policier samedi, d'avoir tenté de lui usurper son arme et d'avoir jeté un pavé en sa direction en l'insultant. Cet homme gagne entre 1.000 et 1.200 euros mensuels et vit dans un mobil-home de 33 mètres carrés. Il est père de trois jeunes enfants: des filles de 8 ans, 5 ans et 22 mois, et a demandé le renvoi de son procès afin de pouvoir préparer sa défense. 

"C'est une énorme bêtise, plus jamais j’irai manifester"

Tristan, lui, est éleveur de brebis laitières dans la Drôme. Cet ouvrier agricole de 30 ans, qui a deux mois de retard de loyer, est jugé pour avoir volé la matraque d'un policier pour le frapper. Lors de son interpellation, les tests le révèlent sous l'emprise de cocaïne et de cannabis, mais lui soutient qu'il ne savait pas qu'il faisait face à un membre des forces de l'ordre. Un an de prison ferme a été requis à son encontre.

"C’est une énorme bêtise, plus jamais j’irai manifester", se lamente Mickael à la barre, alors qu'il risque un an de prison pour avoir ramassé un morceau de goudron samedi soir, et l'avoir lancé sur un policier. "Vous pouvez participer à des manifestations sans violence, monsieur" lui rétorque le président. L'étancheur de 31 ans et habitant de Nevers dit gagner 1.200 euros par mois, soit "pas assez pour avoir son propre appartement". 

Un lycéen de 18 ans du nom de Yanis a quant à lui été interpellé alors qu'il défonçait la vitrine du magasin Burberry du boulevard Malesherbes, samedi. Dans son sac à dos ont été retrouvés deux lampes-marteaux brise-vitres, une bouteille de parfum, 5 casquettes neuves, 9 paquets de cigarette et une enceinte Bluetooth.

Dans son téléphone, les messages retrouvés par les enquêteurs sont sans équivoque: "Si seulement tu m’avais écouté, ils ont pété les magasins Dior et Givenchy. Alors samedi on y va, vendredi soir tu dors chez moi, prends des gants. Ils vont foutre le Dawa à la Fnac, tu auras ton iPhone X gratuit". Dans une tentative d'explication confuse, le lycéen raconte avoir trouvé le sac plein dans la rue, alors qu'il revenait de chez le coiffeur.

Les prévenus ont été condamnés à des peines allant de deux mois de sursis à quatre mois ferme. Une des avocates estime que son client a été traîné à la barre en raison du contexte des gilets jaunes. "En temps normal cela se serait terminé par un rappel à la loi", confie-t-elle à BFMTV à la sortie des verdicts. 

Revivez les procès devant la 24e chambre - 2 du tribunal correctionnel de Paris des manifestants arrêtés samedi à Paris:

Cécile Olivier avec Jeanne Bulant