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Police-Justice

Alain Soral, poursuivi pour provocation à la haine, relaxé en appel

Alain Soral.

Alain Soral. - LOIC VENANCE / AFP

La cour d'appel rendait, ce jeudi, son jugement dans l'affaire des caricatures jugées antisémites mises en ligne par Alain Soral sur son site. Le polémiste a été relaxé.

L'essayiste d'extrême droite Alain Soral qui était à nouveau jugé à Paris pour avoir publié des caricatures jugées antisémites sur son site, a été relaxé ce jeudi. Cette relaxe intervient alors qu'un mandat d'arrêt ordonné contre lui en avril pour une autre affaire continue de susciter la polémique.

Une affaire qui remonte à décembre 2017

En décembre 2017, Alain Bonnet, dit Soral, avait été condamné à Bobigny à six mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende, pour avoir publié des dessins montrant, notamment, une caisse enregistreuse remplie de billets de banque et surmontée de la porte d'entrée du camp d'Auschwitz, avec le chiffre de six millions affiché. Un chiffre faisant référence au nombre de juifs exterminés par les nazis. Leur dessinateur, Pascal Fernandez, avait quant à lui été condamné à 3.000 euros d'amende.

Ce jeudi la couranti d'appel rendait son verdict sur l'affaire. A l'inverse du premier jugement, les deux prévenus ont cette fois-ci été relaxés. La cour d'appel a estimé que ces dessins ne contenaient pas l'"exhortation explicite" ou "implicite" à la haine. Exhortation qui selon une jurisprudence récente de la Cour de cassation, constitue le délit de provocation à la haine raciale.

Un mandat d'arrêt en cours 

Une polémique entoure par ailleurs le mandat d'arrêt ordonné contre Alain Soral le 15 avril par le tribunal correctionnel de Paris, qui l'avait condamné dans une autre affaire à un an de prison ferme pour négationnisme.

En vertu de ce mandat d'arrêt, Alain Soral, qui a fait appel, pouvait être interpellé et conduit en détention.

Cependant, le parquet de Paris a décider de ne pas exécuter ce mandat d'arrêt et en a fait appel, celui-ci étant dépourvu de base légale: le code de procédure pénale ne prévoit la délivrance d'un tel mandat que pour les délits de droit commun ou d'ordre militaire, or l'essayiste a été condamné au titre de la loi sur la liberté de la presse.

Aude Solente avec AFP