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Police-Justice

Agression d'Yvan Colonna: ce qu'a raconté le suspect aux enquêteurs lors de sa garde à vue

Le suspect, condamné pour des faits de terrorisme, a expliqué aux enquêteurs qui l'interrogeaient sur le mobile de son geste que le militant indépendantiste corse avait tenu des propos sévères sur la religion.

Deux jours après sa violente agression à la prison d'Arles, Yvan Colonna est toujours dans le coma à l'hôpital de Marseille. Son agresseur s'est expliqué en garde à vue sur le motif de son geste.

Entendu depuis mercredi par les enquêteurs, Frank Elong Abe est un Camerounais de 36 ans. Cet islamiste radical arrêté en Afganistan est désormais visé par une enquête pour "tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste".

Des propos qu'il ne "pouvait pas laisser passer"

Selon le récit fait aux enquêteurs, Franck Elong Abe et Yvan Colonna ont échangé lundi dernier dans un local cuisine de la prison d'Arles autour de la religion.

L'indépendantiste corse lui aurait dit lors de cette discussion: "je crache sur Dieu". "Je ne pouvais pas laisser ça", a expliqué Frank Elong Abe aux policiers. Le trentenaire s'est levé, a quitté la pièce et a expliqué à un autre détenu de ne plus souhaiter voir ou recroiser Yvan Colonna. Les deux hommes avaient jusqu'ici l'habitude de courir ensemble pour faire leur footing dans la cour de la prison.

Deux jours plus tard, le Camerounais décide donc ne pas faire de course à pied avec Yvan Colonna comme cela arrivait régulièrement, et de se rendre à la place en salle de musculation pour en faire le ménage.

"S'en prendre à Dieu, c'est sacré"

Quand il entre dans la pièce, il tombe sur Yvan Colonna, en plein exercice. Il se jette alors sur lui.

"Je n'ai personne d'autre que Dieu dans ma vie. S'en prendre à Dieu, c'est sacré, cracher sur Dieu, c'est renier son caractère sacré", a encore expliqué le détenu.

Il juge cependant que son geste n'a pas de caractère terroriste. "J'ai agi par amour, comme un crime passionnel. Je voulais venger Dieu", a-t-il encore ajouté.

A la suite des accusations de la famille Colonna, qui a jugé que l'Etat "devrait rendre des comptes", une inspection a été déclenchée par le ministère de la Justice pour déterminer l'existence d'éventuels dysfonctionnements dans le suivi du détenu.

La garde à vue du suspect se poursuit ce vendredi et pourra durer jusqu'à 96 heures. Les investigations sont confiées à la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), à la sous-direction anti-terroriste de la police judiciaire et à la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Mélanie Bertrand, avec Marie-Pierre Bourgeois