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Affaire Troadec: les proches des victimes ne croient pas à un différend sur un héritage 

Des recherches à Pont-de-Buis en 2017

Des recherches à Pont-de-Buis en 2017 - FRED TANNEAU / AFP

Alors que Hubert Caouissin a été entendu mardi pour la quatrième fois par un juge depuis sa mise en examen, les soeurs de Brigitte Troadec, assassinée avec son époux et leurs deux enfants, remettent en cause la défense du principal suspect. Elles assurent qu'il n'y a jamais eu de questions d'héritage dans la famille.

Une rancoeur familiale autour d'un héritage qui aurait conduit au drame de la nuit du 16 au 17 février 2017? Les soeurs de Brigitte Troadec n'y croient pas un instant. Lors de cette nuit tragique, leur soeur, leur neveu, Sébastien, leur nièce, Charlotte et leur beau-frère, Pascal, ont été assassinés dans la maison familiale d'Orvault, près de Nantes. Alors qu'Hubert Caouissin a été entendu pour la quatrième fois, mardi, par le juge d'instruction, les proches des victimes dénoncent le mobile mis en avant par le principal suspect: l'argent.

"Qu’on arrête avec cet or! C’est n’importe quoi! Il n’y en a pas. Il n’y en a jamais eu", martèle dans Ouest France Hélène, l'une des soeurs de Brigitte Troadec.

Lors de ses aveux, le 5 mars 2017, Hubert Caouissin avait justifié son geste en avançant le mauvais partage d'un supposé héritage en pièces d'or entre sa compagne Lydie Troadec et son frère Pascal. Il avait expliqué en garde à vue qu'il s'était rendu le 16 février au soir au domicile des Troadec à Orvault, dans l'intention de les "espionner", et s'était introduit chez eux "pour récupérer une clé", mais se faisant surprendre, ils les avaient tués en les frappant avec un pied de biche, avant de nettoyer la maison et d'emmener les corps dans sa ferme dans le Finistère pour les faire disparaître

"Il les surveillait"

Pour les soeurs de Brigitte Troadec, cette version ne tient pas. "Pascal et Brigitte avaient un train de vie normal, et une vie très simple", détaille Martine qui y voit, elle, un crime prémédité. "Tuer une personne dans un coup de colère, à la limite, on peut l’imaginer. (...) Mais quatre personnes? Revenir sur place. Les transporter, les démembrer, les dépecer, faire brûler ce qu’il peut et disperser les restes aux animaux… Aller jusqu’à broyer les os pour empêcher l’identification ADN… C’est terrible, nous sommes toujours à la recherche des crânes…"

Hubert Caouissin est décrit comme quelqu'un d'"étrange" et de "pingre". "Il les (le couple Troadec, NDLR) surveillait. Une obsession. Nous pensons qu’il vouait une profonde haine aux Troadec. Il a voulu en effacer le nom."

Entendu mardi par le juge d'instruction, Hubert Caouissin collabore avec la justice, assure son avocat. "Il faut essayer d’expliquer comment on a pu en arriver là. Je pense qu’il faut attendre les expertises psychologiques et psychiatriques, qui ne devraient pas tarder. J’espère qu’elles nous apporteront des éléments de réponse aux questions que nous nous posons tous actuellement", estime Patrick Larvor, l'un des avocats du principal suspect, au micro de France 3.

J.C.