BFMTV
Police-Justice

Affaire Maëlys: comment le suspect se défend face aux enquêteurs

INFO BFMTV - Maëlys a disparu lors d'une fête de mariage à Pont-de-Beauvoisin, dans l'Isère, dans la nuit du 26 au 27 août. Un suspect a été mis en examen et écroué mais un mois plus tard, la petite fille reste introuvable. Face aux enquêteurs, l'homme continue de nier toute implication".

Depuis trois semaines, un homme de 34 ans, ancien militaire, a été mis en examen et écroué dans le cadre de l'enquête sur la disparition de Maëlys, neuf ans, dans la nuit du 26 au 27 août. Le suspect, incarcéré au centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier, était l'un des convives de ces noces qui se sont tenues dans une salle de Pont-de-Beauvoisin, dans l'Isère, lors desquelles la petite fille a disparu.

Selon nos informations, voici ce qu'a dit le suspect aux enquêteurs lorsqu'il a été entendu dans le cadre de l'enquête. Surtout, l'homme a beaucoup varié dans ses récits. 

Quatre départs, dont trois allers-retours

C'est en premier lieu l'emploi du temps de l'individu qui a retenu l'attention des gendarmes. Il a effectué trois allers-retours durant la soirée du 26 août, le soir du mariage. Il dit qu'il revient une première fois au domicile de ses parents, qui est aussi le sien, pour voir si ses chiens vont bien. Il est alors 21h30. La seconde fois, il s'agit pour lui d'aller chercher des bières. Il les consomme avec un ami, durant une heure avant de revenir au mariage sur les coups de 23h30. 

Il explique que sa troisième absence est due à des vomissements provoqués par l'alcool ingéré. Il salit du même coup son short et décide de rentrer à nouveau chez lui pour se changer. En arrivant à son logement, vers 0h30, il constate que sa mère est encore éveillée, et regarde la télé. Soucieux d'éviter que sa mère ne voit que son vêtement est taché, il l'enlève et le jette dans une benne à ordures devant chez lui avant d'aller se changer discrètement.

C'est en tout cas ainsi qu'il explique aujourd'hui aux enquêteurs pourquoi il s'est débarrassé de son short, par ailleurs toujours introuvable, au cours de cette nuit pleine de zones d'ombres. Son quatrième départ de la fête est définitif. 

L'explication du suspect au sujet de la présence de l'ADN de Maëlys

  • Il a aussi dû apporter des explications quant à la présence de l'ADN de la petite disparue à l'avant de sa voiture, sur le tableau de bord. Il a, sur ce point, raconté la scène suivante, qui aurait eu lieu selon lui durant la fête sans qu'il puisse en préciser le créneau horaire.

Pendant les festivités, il sort fumer une cigarette devant la salle. Des enfants jouent à cet endroit. Bientôt, un petit garçon blond fait atterrir son ballon dans le véhicule, dont les fenêtres sont ouvertes, de celui qui deviendra le suspect des gendarmes. L'enfant entre dans la voiture suivi de Maëlys. Ils demandent à l'homme de 34 ans si ses chiens sont dans le coffre. Mais celui-ci leur demande de sortir de la voiture. 

Il aide Maëlys à quitter l'habitacle et, ce faisant, la touche. Il dit que c'est ainsi que l'ADN de cette dernière a pu se retrouver dans son moyen de locomotion. 

Injoignable à 3h du matin? "Un problème de réseau" selon le suspect

Au moment où il apparaît que Maëlys n'est plus présente à la soirée, peu après 3h du matin, il est lui-même absent d'après des témoignages, et est injoignable. En effet, un de ces amis cherche à le contacter mais tombe sur son répondeur. Pourquoi? "Un problème de réseau sûrement", avance aujourd'hui le suspect. C'est aussi sur le compte de ces problèmes de réseau qu'il met la résiliation de l'une de ses deux lignes téléphoniques le lundi suivant. 

On sait en tout cas que son téléphone portable "borne" (c'est-à-dire qu'il émet un signal dans le langage policier) à quelques kilomètres de la soirée, aux environs de 3h30. Cela correspond sans doute au moment où il se ravitaille en cocaïne, assure-t-il. Il a d'ailleurs tardé à évoquer cet achat de drogue devant les enquêteurs. Il avait d'abord assuré avoir participé aux recherches. Il a depuis admis ne pas y avoir apporté son concours, chose qui a également été établie par l'enquête dans la mesure où sa présence sur place n'est pas mentionnée à 4h lorsque les gendarmes arrivent sur place. Il a parallèlement dit qu'à l'instant où il part en quête de stupéfiants, il ne sait pas que la petite fille manque désormais à l'appel.

Un lavage de voiture qui pose question 

Les enquêteurs s'efforcent aujourd'hui d'analyser des eaux usées et des graisses automobiles à la station de lavage où le suspect a nettoyé sa voiture le dimanche en fin d'après-midi, moins de 24h après la disparition de Maëlys. Les résultats de cet examen, qui vise à identifier d'éventuelles traces ADN de l'enfant, ne sont pas encore connus. Mais le nettoyage de son véhicule par le suspect intrigue les gendarmes depuis le début de l'enquête. Il a affirmé que ce lavage était un préalable à la vente de la voiture le mardi suivant. 

Il dit qu'il se réveille le dimanche sur les coups de 14h, tiré du sommeil par l'appel d'un ami qui lui apprend, assure-t-il, que Maëlys n'a toujours pas été retrouvée et que les hôtes et invités du mariage sont auditionnés à la mairie.

A 17h30, il procède au nettoyage de sa voiture. Et, pendant plus d'une heure, la caméra de vidéosurveillance locale montre qu'il ne rechigne pas à la tâche. 

Les témoignages de deux de ses ex-compagnes

Les responsables des investigations n'ont bien sûr pas seulement interrogé le suspect. Au rang de leurs interlocuteurs, on retrouve notamment deux de ses ex-compagnes. Et le portrait qu'elles en ont dressé n'est guère flatteur. Elles ont décrit un homme volage, manipulateur et colérique lors des ruptures. 

  • L'homme, qui reste présumé innocent, pourrait prochainement être entendu par les juges en charge de l'enquête.
R.V., avec Alexandra Gonzalez