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Affaire Karachi: six personnes renvoyées en correctionnelle

Ziad Takieddine, en avril 2013.

Ziad Takieddine, en avril 2013. - -

Six personnes comparaîtront.

Les juges enquêtant sur le financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995 ont ordonné jeudi le renvoi en correctionnelle de six personnes, dont l'actuel dirigeant de LVMH Nicolas Bazire, a-t-on appris de source judiciaire.

Dans ce volet financier de l'affaire Karachi, la Cour de justice de la République (CJR) est déjà saisie des cas de M. Balladur et de François Léotard, son ancien ministre de la Défense.

Menant des investigations hors norme, les magistrats Renaud van Ruymbeke et Roger Le Loire ont enquêté pendant plus de trois ans pour tenter de déterminer si la campagne perdue par l'ancien Premier ministre a été financée au travers de rétrocommissions -illégales- sur des contrats internationaux d'armement conclus en 1994 par son gouvernement.

Trois ans d'enquête

Ils ont finalement décidé jeudi de renvoyer six personnes en correctionnelle, comme l'avait requis début mai le parquet de Paris.

Outre M. Bazire, qui était le directeur de cabinet de M. Balladur, puis de sa campagne de 1995, ils ont également ordonné le renvoi d'un ancien conseiller de M. Léotard, l'ex-ministre Renaud Donnedieu de Vabres, et de deux intermédiaires du "réseau K", Ziad Takieddine et Abdul Rahman Al-Assir, imposés tardivement dans la négociation de contrats d'armement en 1994 avec le Pakistan et l'Arabie Saoudite.

Thierry Gaubert, proche des mis en cause, et Dominique Castellan, ex-PDG de la branche internationale de la direction des constructions navales (DCNI), sont également renvoyés.

"Nous attendons que Balladur, Léotard et Sarkozy soient mis en cause"

"Pour les familles des victimes de l'attentat de Karachi que je représente, c'est une première grande victoire car à l'origine, le parquet s'était opposé à l'ouverture de ce volet financier", a réagi auprès de l'AFP Me Olivier Morice.

"Nous attendons maintenant qu'Edouard Balladur et que ses anciens ministres François Léotard et Nicolas Sarkozy soient mis en cause par la CJR, une institution dont nous demandons par ailleurs la suppression comme l'avait promis François Hollande", a ajouté l'avocat.

En février, les juges d'instruction avaient estimé qu'il appartiendrait à la CJR -seule instance habilitée à juger des membres du gouvernement pour des faits commis dans l'exercice de leurs fonctions- d'entendre comme témoin assisté Nicolas Sarkozy, ministre du Budget à l'époque de la conclusion des contrats.

V.R. avec AFP