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Affaire Jonathan Daval: le beau-frère et la soeur d'Alexia contre-attaquent

On apprenait la semaine dernière que Jonathann Daval accusait désormais son beau-frère, Grégory Gay, d'avoir tué son épouse Alexia en l'étranglant un soir d'octobre dernier. Ce dernier dément et a accordé, avec sa femme Stéphanie, sœur d'Alexia, un entretien à BFMTV.

Fin juin, devant le juge d'instruction, Jonathann Daval revenait sur ses aveux, assurant ne pas avoir tué sa femme Alexia en octobre dernier. Il accusait également son beau-frère, Grégory Gay. Si l'époux de Stéphanie, soeur d'Alexia, avait aussitôt nié les allégations de Jonathann Daval, c'est auprès de BFMTV qu'il a choisi de défendre sa version des faits au cours d'un entretien diffusé dans son intégralité ce jeudi soir. 

"On n'a pas été déçus"

Depuis Gray, en Haute-Saône, ville où résident les parents d'Alexia et Stéphanie et où vivait le ménage Daval, le couple développe tout d'abord la manière dont le juge d'instruction leur a révélé la semaine dernière les accusations portées par Jonathann Daval.

"Il nous a convoqué suite à l’audition de Jonathann et au vu de ce qu’il a entendu il était normal qu'il nous entende à notre tour. C’est bizarre, c’était assez inattendu. On a bien compris qu’il y avait un certain empressement de la part du juge pour nous voir. On se doutait bien qu’il se tramait quelque chose de bizarre", se souvient Grégory Gay. Il enchaîne: "On se demandait ce qui pouvait encore nous tomber dessus. On n’a pas été déçus. On pensait qu’on avait atteint les sommets de l’horreur, on s’est aperçu qu’on pouvait encore aller un peu plus haut". 

"C’est l’ahurissement, c’est la consternation, on n’est pas préparé pour ça", prolonge Stéphanie Gay. 

"Une soirée tout à fait normale" 

Le couple en dit plus sur les relations qui l'unissaient à Jonathann Daval. "On a toujours eu des rapports familiaux normaux", se borne à dire Stéphanie Gay. "On n’était pas spécialement proche. C’était mon beau-frère. On les voyait quand on descendait ici pour les repas en famille. De temps en temps, il montait avec Alexia chez nous, en région parisienne, pour passer quelques jours", détaille son mari. 

La version défendue à présent par Jonathann Daval, qui avait en janvier avoué avoir tué sa compagne, est la suivante: sa femme aurait été étranglée par Grégory au domicile des parents des deux sœurs au cours d'une "crise d'hystérie" d'Alexia. Grégory Gay dément ce scénario et se remémore la dernière soirée de la défunte, cette fameuse soirée raclette en compagnie des beaux-parents. 

"La soirée était tout à fait normal. Nous venions de descendre pour passer quelques jours de vacances. On arrivait tout juste de Paris, on mangeait chez Jean-Pierre et Isabelle. Quelques semaines plus tôt, mon fils a eu son anniversaire et ils n’avaient pas pu le lui souhaiter donc on en a profité aussi pour faire une petite séance cadeau pour notre fils. Alexia était la première arrivée, elle revenait d’une séance de sport. Jonathann a tardé à arriver, il était un petit peu difficile de le joindre au début. Il est arrivé assez tardivement, le dernier. Alexia lui a fait remarquer qu’il était très en retard et qu’il aurait pu prévenir. Il n'a rien dit de spécial", retrace Grégory Gay. 

Deux hypothèses 

Comment expliquer le revirement de Jonathann Daval? Grégory Gay envisage deux options. "Il a l’air d’être assez narcissique. Ma première hypothèse, c’était qu’il puisse m’en vouloir d’être aujourd’hui le seul gendre de la famille Fouillot. Ça peut lui être très désagréable." Il ajoute:

"La deuxième hypothèse que j’ai eue, depuis que j’ai compris qu’il a pu avoir accès à mes PV d’auditions auprès des enquêteurs, il a pu en voir le contenu et moi je sais très bien ce que j’ai dit, peut-être qu’il y a vu quelque chose qui lui a fait peur. Peut-être que j’étais sur la bonne voie dans mes hypothèses, et c’est pour ça qu’il a voulu me charger."

Les deux époux s'accordent aujourd'hui pour qualifier Jonathann Daval de "machiavélique" après l'avoir longtemps trouvé "fragile". "Il a quand même passé trois mois à nos côtés alors qu’il a un rôle important dans le meurtre d’Alexia sans rien nous dévoiler. Il a faussé mon radar, il a réussi à nous duper", avance Grégory Gay.

Avaient-ils perçu des dissensions dans la mariage Daval? "On avait discerné tous les deux un manque d’investissement peut-être de la part de Jonathann dans les travaux de la maison ou par rapport au bébé que désirait Alexia. On mettait peut-être ça sur le compte de sa timidité, de sa façon naturelle d’être très souvent en retrait", dit simplement Stéphanie Gay. 

Des fuites qui ne passent pas 

Pour eux, c'est évident: Jonathann Daval est bien lié au meurtre de son épouse. Cependant, ils sont persuadés qu'il a été assisté par un complice. "Tout ce que je sais c’est que Jonathann était capable de nous mentir de manière précise, efficace. Dans tous ses aveux, il y a une constante: il dit qu’il n'a pas brûlé le corps. Ce qui laisse entendre qu’il y a forcément quelqu’un qui l’a fait, ce qui laisse sous-entendre qu’il y a un complice quelque part", souligne Grégory Gay. 

Ce dernier précise la raison de sa prise de parole médiatique: "Je n’ai pas le besoin de me défendre, ça ne me touche pas pour que j’ai besoin de me défendre. Cette histoire n’aurait jamais dû sortir dans aucun média. Je suis là pour dénoncer ces fuites odieuses." Il poursuit: "ça dépasse les petites fuites qu’on avait déjà pu connaître, c’est extrêmement grave car c’est de la dénonciation calomnieuse à notre encontre et à moi en particulier parce qu’il m’a quand même donné un sacré rôle dans cette histoire. Jonathann n’aurait jamais pu faire sortir ça seul de sa petite prison."

Ils n'excluent d'ailleurs pas de porter plainte. 

Robin Verner