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Affaire Guéant: l'UMP critique le fonctionnement de la justice

Claude Guéant en 2011, alors ministre de l'Intérieur

Claude Guéant en 2011, alors ministre de l'Intérieur - -

Alors que Claude Guéant s'empêtre pour justifier les fonds découverts lors d'une perquisition chez lui, l'UMP monte au créneau pour défendre l'ancien ministre de l'Intérieur de Nicolas Sarkozy.

Claude Guéant nie avec vigueur. Les 500.000 euros retrouvés lors d'une perquisition chez l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy n'ont "strictement aucun lien avec des financements libyens de campagne ou de personne".

Dans le cadre d'une enquête préliminaire sur un éventuel financement libyen de la campagne présidentielle du candidat Sarkozy, un versement de plus de 500.000 euros depuis l'étranger sur un compte de Claude Guéant a été découvert en février, ainsi que des traces de "nombreux et conséquents paiements de factures en liquide", selon le Canard enchaîné paru mardi.

François Hollande n'a pas souhaité commenter mercredi le fond de l'affaire, mais a assuré que la justice travaillerait "en toute indépendance" afin de pouvoir "aller jusqu'au bout".

Une justice que critiquent justement des responsables UMP, qui dénoncent dans Le Monde "une fuite en avant de la justice".

"Le secret de l'instruction n'existe plus en France"

Ainsi, Thierry Mariani, député UMP des Français à l'étranger a-t-il réagi: "Une fois de plus, c’est une fuite en avant de la justice. Ce qui me choque le plus, c’est que le secret de l’instruction n’existe plus en France. Une indignation partagée par Nadine Morano qui, dans Le Monde toujours, trouve "désolant que le nom de Claude Guéant soit jeté en pâture sur la place publique et qu’il doive s’expliquer dans les médias alors qu’il ne devrait avoir à s’en expliquer que devant la justice".

Gilbert Collard, député FN du Gard, interrogé sur i-Télé estime que: "pour l'instant, il donne des explications qu'on doit recevoir avec honnêteté et objectivité... Peut-être dit-il vrai, peut-être ment-il, mais tant qu'une enquête sereine ne sera pas accomplie, on n'en saura rien. Ce qui est vrai, c'est que la manière dont il s'est comporté a une odeur de suspicion grave, ça je crois qu'il faut avoir l'objectivité de l'admettre."

"Explications pas très convaincantes"

Le député FN juge notamment "inacceptable" l'explication sur les primes en liquide que l'Intérieur aurait continué de verser jusqu'en 2006 à ses fonctionnaires.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, sénateur de Paris, interrogé sur France Info s'est, lui, étonné de l'existence de telles primes. "C'est très étonnant parce que la décision prise par Lionel Jospin (de supprimer en 2002 les paiements en liquide dans les cabinets ministériels, ndlr) avait l'air définitive et à l'époque, les dirigeants de droite disaient qu'ils la respecteraient. Il faut manifestement que la justice aille plus loin pour y voir clair".

Et d'ajouter: "La justice qui a commencé à faire une enquête doit aller au bout de cette enquête. Manifestement il y a des choses pas très claires et les explications données par Claude Guéant ne sont pas très convaincantes pour le moment".

"Petit maître en embrouilles"

Pour le PS, "les faits révélés par Le Canard enchaîné au sujet de sommes d'argent découvertes sur les comptes de Claude Guéant sont d'une extrême gravité", selon le porte-parole du parti, Eduardo Rihan-Cypel.

"Si l'enquête judiciaire vient confirmer la nature frauduleuse et la provenance douteuse de ces sommes d'argent, nous serons alors en présence d'une véritable affaire d'État", poursuit-il, jugeant qu'il "serait alors légitime de s'interroger sur le rôle de Nicolas Sarkozy dans cette affaire".

Quant à Laurence Rossignol, autre porte-parole du PS, elle estime que "tout cela semble davantage une affaire de faussaire, de petit maître en embrouilles, que celle d'un homme d'État honnête passionné de peinture".

M.R. avec AFP