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Affaire Grégory: le couple Jacob assure sur BFMTV "ne rien avoir à se reprocher"

Plus de 36 ans après la mort du petit Grégory, Marcel et Jacqueline Jacob sortent de leur silence en accordant à BFMTV une interview exceptionnelle. Ils assurent "n'avoir pas peur" de collaborer avec la justice.

C'est une première. Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante du petit Grégory Villemin, assassiné le 16 octobre 1984, ne s'étaient jamais exprimés publiquement en 36 ans. Alors que la justice a annoncé mercredi le lancement de nouvelles investigations, notamment par le biais de nouvelles analyses ADN sur une quarantaine de personnes, le couple a accordé une interview exceptionnelle à BFMTV au cours de laquelle il clame son innocence.

"Nous n'avons rien à nous reprocher", assurent en coeur Marcel et Jacqueline Jacob qui affirment "ne pas avoir peur" de collaborer avec la justice. "Ils ont déjà prélevé deux fois mon ADN, ils peuvent venir, je n'ai pas peur", répète sans cesse le septuagénaire.

Interrogés sur la journée du 16 octobre 1984, Marcel et Jacqueline Jacob affirment qu'ils travaillaient à l'usine, au moment de la disparition du petit Grégory. Un alibi, vérifié selon eux à l'époque par une visite de la gendarmerie dans leur entreprise.

"Je n'ai jamais écrit un courrier"

Soupçonnés d'être les "corbeaux", les auteurs de lettres anonymes d'insultes et de menaces et d'une lettre de revendication du crime envoyées à la famille Villemin, les époux avaient été mis en examen en juin 2017 pour "enlèvement et séquestration suivie de mort". Ces mises en examen avaient finalement été annulées en mai 2018 pour des raisons de procédure.

"Je n'ai jamais écrit un courrier", assure Jacqueline Jacob. "Nous n'avons pas d'idée" sur l'identité de l'auteur de ces lettres mais "nous faire accuser, c'est la pire des choses qu'ils ont faite", lancent-ils. "Ils se sont trompés de A à Z, sur toute la ligne."

Niant tout "secret de famille", Marcel Jacob se dit "100% innocent" et revient avec douleur sur son arrestation en 2017. "C'est abominable d'être en prison alors que l'on n'a rien fait", souligne-t-il, révélant qu'il entend "encore toutes les nuits le bruit de la serrure de la cellule qui se ferme".

"C'est un enfer"

Au fil de cet entretien d'une dizaine de minutes, le couple regrette à plusieurs reprises "une vie et une famille broyées". "C'est un enfer", confient-ils à l'unisson. "Tuer un enfant, ce n'est pas possible", déclarent-ils, tout en répétant que ce qui leur arrive est également "monstrueux".

"Ce n'est plus possible. Vous savez pourquoi on tient le coup? Parce que nous n'avons absolument rien à nous reprocher. On nous a bousillé notre fin de vie. On n'a encore pas le droit d'être tranquilles", concluent les époux qui estiment que si les magistrats les condamnent, "ce sera la plus grande erreur de leur vie".
Mélanie Rostagnat Journaliste BFMTV