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Affaire Grégory: l'avocat de la famille appelle les "gens qui savent la vérité à briser le silence"

Grégory Villemin, le 24 juin 1984, à Epinal (Vosges).

Grégory Villemin, le 24 juin 1984, à Epinal (Vosges). - AFP

Après l'annulation, la semaine dernière, de la garde à vue de Murielle Bolle en 1984, l'avocat des parents de Grégory Villemin demande aux habitants de la vallée de la Vologne de faire "éclore la vérité".

Saura-t-on un jour la vérité sur l'affaire Grégory, l'un des dossiers les plus énigmatiques de l'histoire criminelle en France? L'avocat de ses parents, en tout cas, ne désespère pas. Invité lundi soir de l'émission L'heure du crime sur RTL, Thierry Moser, a lancé un appel à témoin aux Vosgiens pour faire "éclore la vérité".

"C’est moralement monstrueux de se taire"

Thierry Moser, qui représente Christine et Jean-Marie Villemin s'est dit "convaincu que dans cette région de Lépanges, il y a des gens qui savent la vérité". L'avocat a donc lancé un "appel à témoin":

"J’invite ces gens à briser le silence, à sortir du silence et à nous aider à faire éclore la vérité. Parce que je rappelle quand même qu’il s’agit de l’assassinat d’un petit enfant de quatre ans et je dis que c’est moralement monstrueux de se taire alors que peut-être on a des révélations à faire".

"Crime collectif"

Il a par ailleurs indiqué que ses clients sont persuadés que la mort de leur fils est une œuvre collective:

"Nous sommes convaincus, mes confrères et moi, ainsi que Christine et Jean-Marie, que Bernard Laroche a enlevé l’enfant, que Murielle Bolle se trouvait dans le véhicule avec sa belle-sœur au moment de l’enlèvement." Et d'ajouter: "Nous pensons que nous sommes en présence d’un crime collectif [dont] Bernard Laroche est l'un des rouages".

L'enquête se poursuit désormais à Dijon. Également interrogé mardi par France info, le représentant des époux Villemin estime que la "combativité" de ses clients doit finir par payer:

"Je voudrais que la tragédie de la Vologne fasse partie de ces dossiers dont on dira dans quelques temps que la persévérance a payé, et que la combativité des époux Villemin a été récompensée."

35 ans d'errements judiciaires

Le 16 octobre 1984, le corps de Grégory Villemin, est découvert dans la Vologne (Vosges), pieds et mains liés. Son oncle a reçu quelques heures plus tôt un appel téléphonique anonyme revendiquant l'assassinat. Le lendemain, les parents du petit garçon, Jean-Marie et Christine Villemin, reçoivent la lettre d'un "corbeau":

"J'espère que tu mourras de chagrin le chef. Ce n'est pas ton argent qui pourra te redonner ton fils. Voilà ma vengeance. Pauvre con."

35 ans plus tard, le nom du ou des assassins n'est toujours pas connu. L'affaire a connu de multiples rebondissements, dont le dernier en date, celui de l'annulation de la garde à vue de Murielle Bolle en 1984, fragilise encore un peu plus une procédure entachée d'errements judiciaires. 

Esther Paolini