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Affaire Grégory : impossible de mettre un nom sur les profils ADN relevés

Le corps de Grégory Villemin a été retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne, dans les Vosges.

Le corps de Grégory Villemin a été retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne, dans les Vosges. - -

Les analyses effectués sur les vêtements du petit Grégory, retrouvé mort le 16 octobre 1984, et les cordelettes l'ayant entravé n'ont pas permis d'identifier les profils ADN relevés. Ce crime, non résolu depuis 28 ans, reste toujours aussi mystérieux.

Le mystère reste entier. Les nouvelles analyses effectuées sur les vêtements du petit Grégory et les cordelettes l'ayant entravé ne permettent pas de mettre un nom sur les profils ADN relevés, a affirmé mercredi le procureur général près la cour d'appel de Dijon, Jean-Marie Beney. « Il n'y a pas d'identification possible » par rapport aux 280 personnes figurant dans la base de données versée au dossier, a précisé le procureur général, assurant toutefois que le dossier « n'est pas fermé même si ces expertises n'ont pas permis de donner des résultats ». Il y a « toujours un espoir dans la mesure où le dossier n'est pas fermé. Mais, d'un point de vue scientifique, l'espoir s'éloigne » de trouver le meurtrier, a-t-il dit.

« L’espoir s’éloigne »

Concernant les cordelettes, Jean-Marie Beney a indiqué que les résultats des analyses étaient « très, très difficilement exploitables » et « malheureusement extrêmement minces ».
En ce qui concerne les investigations menées sur les enregistrements de la voix du corbeau, le procureur général a annoncé qu'elles permettaient d'entendre « un locuteur masculin et un locuteur féminin ». « Mais il ne sera pas possible dans ces expertises de voix de mettre des noms » sur ces deux locuteurs, a-t-il ajouté.
Dès l'entame de son point de presse, le magistrat avait déclaré aux nombreux journalistes qu'il ne ferait pas de « révélation extraordinaire » et qu'il n'y avait « pas de déflagration à attendre de (ses) propos ». Ces analyses ADN avaient été autorisées en septembre 2012 par la cour d'appel de Dijon, à la demande des parents, sur les vêtements et les chaussures de l'enfant.

« Une immense déception » pour les parents de Grégory

« C’est une immense déception pour les parents de Grégory dans la mesure où les chances de parvenir à la manifestation de la vérité s'éloignent », écrit dans un communiqué Me Thierry Moser, l'avocat des parents de Grégory, Jean-Marie et Christine Villemin. Mais « le combat judiciaire est loin d'être terminé », car il reste selon lui « des pistes à creuser et des investigations à réaliser », a-t-il cependant ajouté. Pour Me Moser, l'absence d'avancée dans l'enquête « montre bien les limites dans certains cas des investigations à caractère génétique ».

Une énigme qui dure depuis 28 ans |||

Le 16 octobre 1984, le corps de Grégory Villemin, 4 ans, était retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne, un cours d'eau des Vosges. Ce crime non résolu depuis 28 ans reste l'une des plus grandes énigmes judiciaires en France. Soupçonné un temps d'être l'auteur du crime, Bernard Laroche, cousin du père de Grégory, a été tué en 1985 par ce dernier d'un coup de fusil. La mère de l'enfant, qui avait également été suspectée du meurtre, avait bénéficié d'un non-lieu en 1993 pour « absence totale de charges ».

Philippe Gril avec AFP