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Accident à Millas: comment travaillent les enquêteurs

L'enquête débute après la collision entre un TER et un car scolaire à Millas

L'enquête débute après la collision entre un TER et un car scolaire à Millas - BFMTV

Trois enquêtes ont été ouvertes pour tenter de déterminer les causes de la collision entre un TER et un car scolaire qui a provoqué la mort de quatre enfants, jeudi. Les enquêteurs vont devoir dire si une défaillance technique ou une erreur humaine est à l'origine de l'accident.

Au lendemain de la collision entre un TER et un car scolaire à Millas, dans les Pyrénées-Orientales, les autorités vont désormais tenter de déterminer les circonstances de ce drame qui a fait quatre morts et vingt blessés. Trois enquêtes ont dores et déjà été ouvertes. L'une, judiciaire, sous l'autorité du procureur, l'autre administrative, menée par le Bureau Enquête Accident (BEA) qui dépend du ministères des Transports, et la dernière en interne à la SNCF, systématique en cas d'accident.

L'enquête judiciaire pour "homicides et blessures involontaires" a été confiée au groupement de gendarmerie des Pyrénées-Orientales. Sur place, quarantaine de personnes sont mobilisées pour sécuriser le site et faire toute la lumière sur cet accident. La scène a été gelée et le TER, ainsi que le car scolaire, on été placés sous scellés pour être examinés par trente enquêteurs de la Brigade de recherche de gendarmerie de Perpignan, renforcée par la Section de recherche de Montpellier.

"Ce sera une journée d'investigation extrêmement approfondie sous main de justice pour essayer d'élucider les causes", a expliqué sur notre antenne le préfet des Pyrénées-Orientales, Philippe Vignes.

Des renforts attendus

L’IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie, soit la "police scientifique" des gendarmes) est attendue sur place en fin de matinée. Un expert en accidentologie et six autres experts en identification criminelle seront également présents sur les lieux. Ils procéderont à des mesures avec des lasers pour modéliser et reconstituer en 3 dimensions la scène de l'accident.

De source proche de l'enquête, on indique que des témoins, dont le conducteur du train, ont déjà été entendus. D'autres auditions sont en cours, a indiqué le procureur de Perpignan, Jean-Jacques Fagni, qui a saisi le pôle accident du tribunal de Marseille, spécialisé dans les accidents collectifs, dont des magistrats se sont déplacés sur les lieux du drame. Des prélèvements seront également effectués pour vérifier l'alcoolémie et la toxicologie de la conductrice du car de ramassage scolaire ainsi que du chauffeur du TER.

L'enquête de la SNCF sera menée par SNCF réseau, en charge de toutes les installations et infrastructures. Un panel d’experts aura pour mission de procéder à un décryptage technique de toutes les données et installations. La SNCF a déjà expliqué qu'au moindre problème, le passage à niveau doit se "mettre en sécurité". Autrement dit, les barrières sont censées se baisser, et une alerte est automatiquement envoyée à la SNCF pour demander une intervention.

Défaillance technique ou erreur humaine?

Les enquêteurs vont ainsi devoir déterminer si cette tragédie est due à une défaillance technique ou à une erreur humaine. La SNCF a indiqué jeudi que "selon des témoins, le passage à niveau a fonctionné normalement, mais il faut évidemment que cela soit confirmé par l'enquête".

Il s'agit d'un passage à niveau "classique" doté d'une signalisation automatique et de deux barrières, a précisé la SNCF, selon laquelle le passage à niveau "n'était pas considéré comme particulièrement dangereux". "Il y avait une bonne visibilité", a confirmé pour sa part Carole Delga, la présidente de la région Occitanie. "Ce passage à niveau-là n'était pas vraiment dangereux dans sa configuration et il n'y avait pas eu d'alerte technique sur ce passage à niveau", a-t-elle ajouté sur Europe 1.

Une barrière relevée?

Si une photo montre bien une barrière relevée, elle ne peut être utilisée comme preuve pour l'enquête. En effet, le cliché a été pris après l'accident. Le maire du village voisin qui affirme que la barrière était bien relevée est lui aussi arrivé après le drame. Or, selon la SNCF, il est normal que la barrière se relève de manière automatique après le passage du train.

"C'est fondé sur la rumeur et les 'on-dit', a déclaré le procureur, interrogé vendredi sur la polémique. "Je ne pourrai sérieusement répondre que lorsque sera effectué un examen technique sérieux", dont les résultats ne sont pas attendus vendredi, a-t-il dit.

"On va évidemment étudier tous les dysfonctionnements de toutes sortes et cela va prendre du temps, on met en place de gros moyens locaux, régionaux et nationaux", a expliqué le colonel Jean Valéry Letterman, commandant adjoint de la région de gendarmerie, responsable de l'ex-Languedoc Roussillon.

P.L avec AFP