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Abus sexuels dans l'armée: les scandales se multiplient

Les affaires d'abus sexuels chez les femmes dans l'armée se multiplient.

Les affaires d'abus sexuels chez les femmes dans l'armée se multiplient. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Depuis quelques semaines, les affaires d'abus sexuels dans l'armée se multiplient. D'abord un livre, puis une stagiaire filmée à son insu, les femmes de l'armée ont décidé de ne plus se laisser faire.

Violences, humiliations ou abus sexuels, les femmes de l'armée dénoncent une omerta. Depuis quelques semaines, les affaires de ce genre se multiplient au sein de l'armée. Des dizaines de femmes ont décidé de sortir du silence et de porter plainte, sans doute suite à la publication d'un livre choc, La Guerre invisible (Ed. Les Arènes), qui dénonce les violences subies par les femmes dans ce milieu.

Après la publication de ce livre, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a ordonné l'ouverture d'une enquête interne. Mais la polémique enfle à nouveau, lorsqu'une jeune stagiaire de l'armée a récémment avoué avoir été contrainte à la démission après avoir porté plainte contre un sergent qui l'avait filmée nue sous sa douche. Le tribunal administratif de Nantes a suspendu, ce lundi, en référé la démission de la jeune femme.

Des photomontages sur des scènes pornographiques

Marine Baron, une ex-officier de la marine, a elle aussi subi des pressions sexistes. "On a commencé à faire des photomontages en prenant ma photo d'identité et en la mettant sur des scènes pornographiques" confie-t-elle au micro de BFMTV.

"Ce qui est très déstabilisant quand on est officier et qu'on monte sur une place d'arme, c'est que 200 officiers éclatent de rire parce qu'ils ont vu passer la photo" ajoute-t-elle. L'ex-officier n'a pas attendu les propositions concrètes du ministre de la Défense, elle a démissionné.

"Transparence, prévention et sanction"

Face au battage médiatique, les officiers supérieurs - des hommes dans une écrasante majorité - défendent "l'institution". "Ça ne nous pose aucun problème. Tout est traité dans la plus grande transparence", affirme le général Bertrand Ract-Madoux, le chef d'état-major de l'armée de terre.

Mais Jean-Yves Le Drian prend le problème au sérieux. Il doit annoncer début avril un plan d'action basé "sur trois principes: transparence, prévention, sanction", pour lutter contre ce type de violences. Les inspecteurs chargés de l'enquête, doivent rendre leurs conclusions fin mars.

Louise Pezzoli avec Antoine Heulard et Antoine Vassas (vidéo)