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Armée: filmée nue à son insu, une stagiaire poussée à la démission

Les faits se sont déroulés dans cette caserne, en Vendée.

Les faits se sont déroulés dans cette caserne, en Vendée. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Le tribunal administratif de Nantes a suspendu en référé la démission d'une stagiaire de l'armée, contrainte au départ après avoir porté plainte contre un sergent qui l'avait filmée nue sous sa douche.

Le soir de la qualification de l'équipe de France de Football, le 19 novembre dernier, l'enfer a commencé pour une jeune femme de 25 ans, originaire de la Martinique. Stagiaire volontaire de l'armée, elle a été filmée nue sous la douche à son insu par un sergent. "Les casernements étant malheureusement mixtes", ce dernier a "passé un téléphone portable entre le bas de la cabine et le sol", explique l'avocat de la jeune femme, Me Jacques Delacharlerie.

Le lendemain, la jeune recrue, qui suivait une formation d'agent de restauration au Centre militaire de formation professionnelle de Fontenay-le-Comte, en Vendée, a porté plainte. Or, selon elle, c'est ce geste qui n'a pas plu à sa direction, plus que celui du sergent.

Elle soutient avoir été contrainte de demander la résiliation de son contrat de dix mois au sein de l'armée pour "convenances personnelles". Une démission forcée, en représailles à son dépôt de plainte, note le tribunal administratif de Nantes dans son ordonnance du 28 février. Lundi, l'avocat de la jeune femme a révélé que le tribunal avait suspendu en référé la démission de sa cliente.

"On a fait pression pour qu'elle démissionne"

Elle affirme qu'il lui a été "demandé de présenter une demande de résiliation de son contrat selon un modèle qui lui a été fourni, sous la menace d'être considérée comme en situation de désertion", poursuit le texte du tribunal. De leur côté, les porte-parole de l'armée n'ont pas pu être joints dans l'immédiat.

La stagiaire avait saisi la justice administrative le 7 février pour réclamer la suspension de la résiliation de son contrat. "On a fait pression pour qu'elle démissionne", a affirmé Me Delacharlerie. "Elle aurait dû être protégée, et on lui dit 'c'est toi qui t'en vas'", a-t-il regretté.

Le 27 février, Jean-Yves Le Drian a demandé l'ouverture d'une enquête interne au ministère de la Défense sur les violences sexuelles et les cas de harcèlement commis à l'encontre des femmes dans les armées françaises. Cette enquête fait suite à la publication, le même jour, d'un livre intitulé "La guerre invisible", qui évoque une quarantaine de cas de ce type survenus ces dernières années.

Alexandra Gonzalez avec AFP