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A l'approche d'un G7 sous haute surveillance, Biarritz transformée en camp retranché

Biarritz accueillera le sommet du G7 du 24 au 26 août.

Biarritz accueillera le sommet du G7 du 24 au 26 août. - Iroz Gaizka - AFP

Emmanuel Macron l'avait annoncé dès le mois de mai: le dispositif de sécurité autour du sommet du G7 sera maximal. Entre le 24 et 26 août, Biarritz sera découpée en plusieurs zones de "protection" dans lesquelles touristes et habitants ne pourront circuler que s'ils sont munis d'un badge.

Biarritz placée sous très haute surveillance. A l’occasion du G7, qui se tiendra du 24 au 26 août, le cœur de la ville sera complètement bouclé. Le dispositif de sécurité sera maximal et "inédit", avait immédiatement affirmé Emmanuel Macron lors de sa visite préparatoire à Biarritz, au mois de mai.

Les autorités de l'Etat n'ont pas encore précisé le nombre de forces de l'ordre mobilisées, mais le président de la République a assuré qu'il y en aurait "beaucoup", en appuyant sur le mot.

"Il y en aura à Biarritz, mais aussi à Anglet, à Bayonne et dans les villes et lieux sensibles où certains pourraient être incités ou conduits à mettre du désordre", a-t-il prévenu.

L'idée "est de pouvoir appréhender au plus tôt ceux qui s'apprêtent parfois à commettre le pire, surtout lorsqu'ils se sont équipés (pour la confrontation) et se sont donné rendez-vous". Et d’ajouter: "Nous ferons en sorte qu'il n'y ait pas de dérives, quelles qu'elles soient. Nous le devons aux habitants de Biarritz et du Pays basque."

Deux périmètres de sécurité

A Biarritz, où plus de 5000 délégués, personnels techniques et journalistes sont attendus pour le sommet, deux périmètres ont été déterminés. La zone 1 (dite de sécurité renforcée, ou zone rouge) comprend tous les lieux de rencontre des délégations et sera interdite à la circulation des véhicules et aux piétons non accrédités.

La zone rouge sera sous protection renforcée, la zone bleue sous protection simple.
La zone rouge sera sous protection renforcée, la zone bleue sous protection simple. © Crédits: Mairie de Biarritz

Dans cette ville haut lieu du surf - et candidate à l'épreuve des JO-2024 - même les surfeurs sont pénalisés. Deux des trois "spots", la Grande Plage et la Plage Miramar, seront fermés et toute activité nautique sera interdite du 23 au 26 août.

Dans la zone 2 (dite de protection ou zone bleue) – qui englobe une bonne partie du centre-ville – les automobilistes seront tolérés à condition d'avoir obtenu un macaron et les piétons devront présenter un badge.

Badges et macarons

Sur son site internet, la mairie de Biarritz précise que "toute personne qui souhaite pouvoir pénétrer dans les zones sécurisées, soit parce qu'elle y réside, soit parce qu'elle y exerce une activité professionnelle" doit être badgée. Le 7 août, la préfecture précisait que 23.014 Biarrots avaient déjà adressé leur demande de badges et macarons, qui était à formuler avant le 14 août.

En dehors de ces deux zones sous haute tension, "il y aura des cercles concentriques où le degré de sécurité est fort mais où les contraintes se relâchent", avait expliqué Emmanuel Macron. En sus, l'aéroport et la gare de Biarritz resteront fermés le temps du sommet, comme la gare de Bayonne. Aucun engin ne pourra survoler la ville et des moyens anti-drones seront déployés.

Appréhension des habitants et commerçants

En pleine saison touristique, ces restrictions ne font pas que des heureux. Elles font notamment craindre un manque à gagner et des tracas aux commerçants ou habitants de la cité balnéaire.

"On est dans le flou, on ne sait pas ce que ça va donner mais on sait que ce sera compliqué pour nous, notamment avec les fournisseurs", commente Marie Moreau, employée dans le café des halles de la ville, l'Amuse-Gueule, dans la "zone bleue".
"J'habite en zone bleue, mais de l'autre côté de ma rue, où se trouve la mairie, c'est en zone rouge. Je ne pourrai pas traverser", souligne Jacques Larre, un habitant du centre qui "pense quand même que ce G7 est une bonne chose pour Biarritz, pour faire connaître la riche histoire de cette station".

Nicolas Richer, responsable du Bar des Colonnes, près de la mairie, ne nie pas "le sacré coup de pub pour la ville" mais regrette, comme beaucoup de commerçants, le choix de la date. "Ce sont trois jours sur le papier mais on ne circulera plus en ville bien avant. Ça tombe dans le plus gros mois, presque trois semaines, c'est notre plus grosse période".

Un peu plus loin, sur la place Bellevue, devant le casino où se rendront les chefs d'Etat, la sécurité sera drastique. "La place sera interdite au public et même aux journalistes, mais on nous demande de rester ouverts pour ne pas faire ville morte. Par contre, il faudra fermer les stores à chaque fois qu'une délégation officielle passera devant la boutique", soupire Valentin, commerçant d'une boutique de vêtements.

Manifestations interdites

A Bayonne, la ville voisine, c'est davantage le sujet des manifestations qui émeut. "La préfecture nous a conseillé de fermer pendant les trois jours du sommet, parce qu'on ne sait pas comment ça peut tourner. On a une grande terrasse et en plus, on a une banque juste en face, ils vont être les premiers visés", commente Mickael Grandclaude, gérant d'un restaurant bayonnais du centre.

Le préfet des Pyrénées-Atlantiques, Eric Spitz, a précisé qu'aucune manifestation ne serait autorisée dans les trois villes du "BAB", Bayonne-Anglet-Biarritz.

"Le Pays basque est suffisamment grand" pour manifester ailleurs, a-t-il lancé.

Les organisations du "contre-sommet", qui attendent 12.000 personnes pour trois jours de conférences et ateliers (21-23 août), ont de ce fait choisi Hendaye pour manifester le 24 août. Le lendemain, des actions "d'occupation des places publiques" auront lieu dans sept communes limitrophes de la cité balnéaire. Lundi, devant la presse, les organisateurs ont assuré qu'ils n'entendaient provoquer aucune dégradation ou confrontation avec les forces de l'ordre lors de ces manifestations.

"S'il y a des violences répressives, nous opposerons des techniques de résistance non-violentes", ont-ils tempéré.
Ambre Lepoivre avec AFP