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1er-Mai: une nouvelle vidéo montre la scène depuis l'intérieur de La Pitié-Salpêtrière

Une vidéo filmée depuis l'intérieur du service réanimation de l'hôpital La Pitié-Salpêtrière montre l'arrivée de la centaine de manifestants et la réaction des personnels soignants. Une scène qui dure moins de 5 minutes et qui se passe dans un calme relatif.

Les personnels soignants du service réanimation de l'hôpital parisien de La Pitié-Salpêtrière se trouvent sur une passerelle en hauteur. Une passerelle qui sert de lieu de pause. De leur point de vue, ils assistent et filment l'arrivée d'une centaine de manifestants dans l'enceinte du centre hospitalier. Ces nouvelles vidéos qui ont été mises en ligne sur les réseaux sociaux livrent, de l'intérieur, les faits du 1er-Mai que certains ont qualifié d'intrusion quand le ministre de l'Intérieur a parlé d'attaque.

"Il y a des malades ici"

Sur les premières images, on peut voir quelques individus dans l'enceinte de l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière. Subitement, une foule plus importante arrive en courant du boulevard de l'Hôpital, que l'on aperçoit au loin. Ces quelques dizaines de personnes vont alors se diriger en courant vers la passerelle où se trouvent les personnels soignants. Immédiatement ces derniers rentrent dans l'hôpital. A peine la porte fermée, un manifestant tente de rentrer. Trois membres du personnel maintiennent la porte close.

"Il y a des malades ici, il y a des malades, crient les infirmiers à travers la porte vitrée verrouillée à une poignée de personnes un peu en retrait sur la passerelle. C'est la réanimation, c'est la réanimation, non on ne peut pas, on ne peut pas."

Pendant quelques minutes, une discussion s'engage entre les personnels de l'hôpital et les manifestants. A plusieurs reprises, les infirmiers leur expliquent qu'il s'agit du service de réanimation de l'hôpital, là où se trouvent les patients dans un état grave. On entend alors une femme crier des choses aux personnels qui tentent de la calmer. La scène dure à peine deux minutes quand on peut voir les premiers manifestants redescendre de la passerelle, les bras levés, lorsque les policiers interviennent.

"Ils nous gazent"

A ce moment-là, les infirmiers ont d'ailleurs rouvert la porte. Trois personnes d'un certain âge, visiblement apeurées, tentent toujours de rentrer dans le service. "C'est la réanimation ici, lance à nouveau une aide-soignante. Ils ne vont rien vous faire (...) mais ne courrez pas, pourquoi vous courrez?" "Parce qu'ils nous gazent", rétorque un manifestant, avant de tenter de forcer le passage. Repoussé facilement par un infirmier, l'homme qui l'accompagne l'entraîne avec lui lorsque les policiers s'approchent d'eux. Les personnels referment une nouvelle fois cette porte, l'issue de secours du service.

Spectateurs, les personnels soignants assistent au départ des manifestants encadrés par les forces de l'ordre. "Les CRS sont venus là, ils les ont pris en tenaille, la seule issue c'était ici", estime un infirmier.

Mercredi soir, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a parlé d'"attaque". Une version nuancée par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, puis le Premier ministre, Edouard Philippe, qui ont évoqué une "intrusion". "Rentrer dans un hôpital, forcer des grilles, faire peur à des patients, faire peur à des soignants, vouloir rentrer dans une salle de réanimation... je pense qu'on atteint vraiment des sommets d'incivilité", a commenté la première.

Justine Chevalier