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Primaire à gauche: Montebourg s'en prend à Bolloré, Ferrari lui répond

Arnaud Montebourg lors du débat.

Arnaud Montebourg lors du débat. - capture d'écran BFMTV

Arnaud Montebourg et Laurence Ferrari ont eu un échange vif au sujet de la chaîne iTELE, pour laquelle travaille la journaliste et qui a connu une grève et une grande vague de départs en raison de la nouvelle politique de son actionnaire, Vincent Bolloré.

Lors du deuxième débat de la primaire à gauche, Arnaud Montebourg a fustigé l'influence "des puissants" sur la politique et la société civile du pays. L'ex-ministre de l'Economie a alors pris pour exemple iTELE, co-organisatrice du débat, évoquant le mouvement social ayant bouleversé la chaîne cet automne: 

"Dans ce pays, il y a un mur des puissants. Invisible mais bien réel et devant lequel beaucoup de pouvoirs politiques se sont fracassés. La concentration des médias entre quelques mains pour éteindre le pluralisme... Il y a même une chaîne, votre chaîne madame Ferrari, dont le propriétaire est allé jusqu’à détruire son outil de travail pour empêcher le pluralisme."

Une sortie visant directement l'homme d'affaires Vincent Bolloré, sans le nommer, désormais propriétaire de Canal+ qui détient la chaîne d'informations en continu iTELE sur laquelle intervient quotidiennement Laurence Ferrari.

Un vieux contentieux 

Ce à quoi la présentatrice a répondu: "Et vous, vous résistez à la pression des puissants? Vous tenez toujours vos paroles?" La journaliste faisait ici allusion, en creux, au refus de dernière minute d'Arnaud Montebourg de participer au tournage de la première émission de Punchline, animée par Laurence Ferrari sur C8, une autre chaîne du groupe Canal+. L'ancien ministre du Redressement productif n'a pas relevé.

Après l'intervention d'Arnaud Montebourg, Laurence Ferrari a décidé de revenir sur le sujet: "Concernant la chaîne que vous évoquiez ITELE, elle est là, elle est bien là et je la représente ce soir, monsieur Montebourg."

Aurélie Filipetti, députée élue en Moselle et par ailleurs compagne d'Arnaud Montebourg, a répliqué à ce dernier échange. Sur Twitter, elle a ainsi écrit: "Les 90 salariés d'ITELE, débarqués d'une manière honteuse d'une rédaction décimée, apprécieront Laurence Ferrari".

A la fin de l'année 2016, la chaîne d'informations a dû faire face à une grève sans précédent de 31 jours, marquée par le départ de quelques 97 journalistes.

R.V.