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Patrick Cohen découpe sa carte de presse en direct

Le journaliste Patrick Cohen découpant en direct, mardi matin, sa carte de presse.

Le journaliste Patrick Cohen découpant en direct, mardi matin, sa carte de presse. - Capture d'écran - France Inter

En signe de  solidarité avec sa consoeur Pascale Clark, privée de carte de presse, Patrick Cohen, journaliste vedette de France Inter a découpé la sienne mardi matin.

Grosse colère sur France Inter. Patrick Cohen, journaliste vedette de la radio a découpé sa carte de presse, à 7h43 mardi, pendant la matinale qu'il anime. Une matinale chargée en information ce mardi.

"Voilà trente ans qu'on exerce le même métier de journaliste, qui n'est pas un statut, et on va continuer à faire le même, moyennant une petite remise à niveau: moi, c'est 56.728, enfin, c'était. Est-ce qu'on va entendre le bruit des ciseaux qui mordent dans le plastique? Voilà. Une carte de presse coupée en deux et qui part à la poubelle, c'est une bonne chose de faite", a commenté le journaliste, joignant le geste à la parole.

"L'info est la matière première que nous malaxons soir après soir"

Pourquoi ce geste? Samedi 7 mars, la Commission de la carte d'identité des journalistes, qui délivre la carte de presse, a refusé de renouveler celle de Pascale Clark. Au motif que l'émission A'live, qu'elle anime sur France Inter, ne présenterait pas "le caractère d'émission d'information". Second motif énoncé par la Commission de la carte, Pascale Clark est rémunérée en tant que productrice soumise au régime de l'intermittence.

"Trente ans de carte de presse numéro 53.126. Partout je l'ai obtenue", raconte la journaliste en préambule de A'live, lundi, égrenant ses collaborations, d'Europe 1 à France Inter, en passant par Canal+. "Mais ça c'était avant samedi matin, quand le facteur a sonné. Lettre recommandée avec accusé de réception de la CCIJP (...) Et là, j'ai comme accusé la déception. (...)", ironise Pascale Clark, avant de décrire les raisons du refus de la CCIJP de lui renouveler sa carte de presse.

"Double peine"

"Je conteste absolument. L'info est la matière première que nous malaxons soir après soir", poursuit la journaliste. Sur son statut de productrice déléguée, elle précise "c'est vrai mais ce n'est pas choisi. Ce statut d'intermittent, à mon corps défendant, devient donc une double peine, je suis 'permittente', ces intermittents permanents, qui plombent, on le sait suffisamment, le régime des vrais gens du spectacle", précise-t-elle, avant de lancer une émission amputée du sujet prévu sur les 70 ans du Secours populaire.

"Alors voilà, comme je ne suis pas journaliste. Plus. Soudainement, après trente ans, je m'en voudrais d'usurper tel titre ou telle carte. Ce soir (...) voici DJ Clark. DJ, il paraît qu'on peut exercer sans carte professionnelle".

M. R.