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Bono au Grand Journal: "Ils ont détourné l'islam et c'est une insulte à leur religion"

Bono, le chanteur du groupe U2, le 29 juillet 2015

Bono, le chanteur du groupe U2, le 29 juillet 2015 - Don Emmert - AFP

Invité sur le plateau du Grand Journal de Canal+ samedi soir, le chanteur du groupe U2 a tenu à ce qu'aucun amalgame ne soit fait à la suite des attentats de Paris.

Après avoir décidé d'annuler son concert à l'Accor Hotels Arena (ex-Bercy) prévu samedi 14 novembre à la suite des attentats qui ont touché Paris le vendredi soir, le groupe U2 s'est expliqué par téléphone dans l'édition spéciale du Grand Journal de Canal+, consacrée aux attentats de Paris.

"Du jour au lendemain, on est vulnérable et directement visé"

Bono, le leader du groupe irlandais, a notamment déclaré que "le visage de la musique a changé du jour au lendemain. Il y a un espace sacré dans le rock: un espace de liberté où on peut exprimer ses sentiments, un espace libre de toute haine, de toute rage. C'est très difficile d'imaginer ce qui s'est passé puisque dans [une salle de concert] on est invulnérable et là, du jour au lendemain, on est non seulement vulnérable, mais directement visé. […] Une équipe de HBO était là pour filmer [notre spectacle], nous voulions présenter Paris comme une vitrine de la liberté. […] Nous allons essayer de refaire notre concert le plus rapidement possible. Nous n'avons pas peur, ils ne décourageront pas notre public et lorsque nous reviendrons, nous ramènerons la joie", a-t-il toutefois assuré.

"Une idéologie de haine"

Le chanteur de 55 ans a par ailleurs tenu à ce qu'aucun amalgame ne soit fait à la suite de ces attentats de Paris revendiqués par l'État islamique. "Les victimes de ces terroristes sont des victimes d'une idéologie de haine qui n'a rien à voir avec la religion et l'islam. Ces gens-là ont détourné l'islam et c'est une insulte à leur religion. Il faut se réapproprier cette religion, ne pas la laisser détournée par ces extrémistes". 

Bono, The Edge, Adam Clayton et Larry Mullen Junior ont par ailleurs rendu hommage aux victimes en se recueillant samedi devant un autel près du Bataclan où ils ont déposé des gerbes de fleurs.