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Marseille: que vaut vraiment la nouvelle série de Netflix?

Ereintée par la critique, la série "Marseille" est-elle vraiment si mauvaise?

Ereintée par la critique, la série "Marseille" est-elle vraiment si mauvaise? - -

La première production 100% française de Netflix débarque ce jeudi 5 mai. La veille, le géant américain de vidéos à la demande organisait en grandes pompes le lancement de cette fiction politique portée par Gérard Depardieu. BFMTV.com était sur place pour découvrir avec l’équipe ce Marseille très décrié.

Clouée au pilori par une partie de la presse française. Sauvée des eaux par la critique internationale. C’est peu dire que la nouvelle (et première) série française de Netflix fait parler. Beaucoup même. Mais cette série originale, qui est désormais disponible sur la célèbre plateforme dans 190 pays, mérite-t-elle cet acharnement? Doit-on s’attendre à la "bouse" annoncée et à "l’accident industriel de l’année"?

La question était sur toutes les lèvres ce mercredi 4 mai lors de l’avant-première mondiale de Marseille qui s’est tenue au cœur de la cité phocéenne, aussi bien lors de la conférence de presse que sur le tapis rouge et après la projection des deux premiers épisodes. Loin d’être la catastrophe annoncée, Marseille tient notamment ses promesses du côté des ambitions affichées : donner un parfum hollywoodien à un produit made in France.

Sous fond de rivalité politique, la série plonge les téléspectateurs dans un Marseille fidèle à sa réputation. C’est une cité phocéenne à fleur de peau, populaire, bourré de contrastes et de contradictions qui se dégage au fil d’une intrigue simple, mais suffisamment efficace.

"On ose beaucoup dans cette série"

Bémol malgré tout, ce portrait de Marseille (la véritable star du film) reste aussi malgré tout alourdi par des clichés qui ont la dent dure, mais également par une utilisation abusive de ralentis et d’effets, façon clip, censés accentuer la dramaturgie. Un tic dont aurait pu se dispenser le showrunner et co-réalisateur des huit épisodes de cette première saison, Florent Emilio-Siri.

Mais si ce Marseille ne révolutionne pas le genre (et souffre forcément de la comparaison avec House of Cards, l’autre série politique à succès de Netflix), la fiction peut se reposer sur un casting solide en forme olympique, composé de Gérard Depardieu, Benoît Magimel, Nadia Farès, Hyppolite Girardot ou de la jeune Stéphane Caillard. Ses imperfections et ses ratés, la série écrite par Dan Franck, la doit aussi à sa prise de risques.

"On ose beaucoup dans cette série, c’est un grand privilège" avouait devant la presse la comédienne Géraldine Pailhas (qui incarne l’épouse du maire de Marseille, Robert Taro, interprété par Gérard Depardieu). Mais les prises de risques et l’intrigue sous fond de rivalité politique convaincront-elle et permettront-elles d’offrir à Marseille une seconde saison ? Producteur de la série, et forcément refroidi par l’accueil glacial qu’elle a reçu, Pascal Breton se montre prudent:

"Il faudra qu’on attende les résultats, voir si la série remporte les suffrages du public, mais on y réfléchit déjà, bien sûr."

"Chacun à droit de se faire sa propre opinion"

Les applaudissements polis d’un public acquis à sa cause lors de l’avant-première mondiale organisée au palais de Pharo à Marseille ne sont pas les plus représentatifs, mais ils ont permis le temps de quelques secondes d’oublier les critiques assassines qui ont fragilisé Marseille avant même son lancement.

Interrogé par BFMTV, les acteurs et l’équipe artistique ne voulaient pas s’inquiéter de cette mauvaise publicité d’une partie de la presse. Serein, Florent Emilio-Siri confiait "accepter les critiques". "Chacun a le droit de se faire son opinion, explique-t-il, mais nous avons fait une série de qualité". Le succès de Marseille dépendra désormais du public. La série, dont le budget avoisine le million d’euros par épisode, joue gros dans les prochains jours (notamment lors de la diffusion des deux premiers épisodes sur TF1 le 12 mai prochain). Si l’enthousiasme et la confiance affichés de Depardieu à la première sont contagieux, l’avenir de Marseille s’annonce ensoleillé. Sinon…

Fabien Morin