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GPA dans Plus belle la vie: la production réagit après la saisine du CSA par des association féministes

Virginie Pauc et Rebecca Hampton dans Plus belle la vie

Virginie Pauc et Rebecca Hampton dans Plus belle la vie - France 3 - François Lefebvre

Le producteur du feuilleton assure que plusieurs aspects de la GPA seront présentés aux téléspectateurs.

La production de Plus belle la vie réagit aux critiques engendrées par l'une de ses dernières intrigues, consacrée à la gestation pour autrui. Alors qu'une coalition soutenue par une trentaine d'associations féministes (dont Chiennes de garde et Osez le féminisme) vient de saisir le CSA, Sébastien Charbit, producteur du feuilleton de France 3, assure que plusieurs aspects de cette pratique seront évoqués:

"On va poser la question de la marchandisation du corps, à laquelle on est très sensibles. L'histoire va se dérouler sur quatre semaines avec plusieurs points de vue, comme toujours dans PBLV".

"On ne fait jamais de propagande, on ne fait que poser des questions qui animent la société", dans une démarche "pédagogique" et documentée, a revendiqué Sébastien Charbit. Après l'homosexualité, la transidentité ou le handicap, le feuilleton devrait s'attaquer bientôt aux élections municipales, peu de temps avant les élections de mars 2020.

Deux courriers envoyés

Dans l'épisode 3847 du 23 juillet, l'avocate célibataire Céline raconte avoir eu recours à une mère porteuse rencontrée en Angleterre et à un donneur de sperme anonyme. Son confident Vincent lui rappelle que la pratique est illégale en France avant d'en discuter avec une femme médecin plutôt favorable à la GPA. 

Lundi, la Coalition internationale pour l'abolition de la maternité de substitution (Ciams) a annoncé avoir saisi le CSA. Une trentaine d'associations féministes ont signé son communiqué, affichant leur soutien à la démarche, et une quinzaine d'entre elles auraient elles-mêmes saisi le gendarme de l'audiovisuel, selon le Ciams. L'organisme estime notamment que Plus belle la vie "banalise le recours à la GPA par le biais d'arguments fallacieux" et masque "la situation réelle de la GPA dans le monde: un système d’exploitation des plus pauvres au profit des plus riches par le biais du tourisme procréatif, renouvelant les pratiques de trafic triangulaire en Asie, Afrique et 'pays développés'."

Le Ciams avait déjà protesté dans deux courriers envoyés fin juillet à la production de Plus belle la vie. Cette dernière a indiqué à l'AFP qu'elle n'avait pris connaissance des courriers que lundi et qu'elle répondrait aux associations.

"Un acte répréhensible"

La coalition demande à Plus belle la vie de mentionner "de façon explicite" que la GPA est interdite en France:

"Que le scénario prévoie une pirouette pour esquiver, in fine, le dénouement de ce cas de recours à la GPA, qui se révélera être une escroquerie, n'exonère pas la production de la série de sa responsabilité quant à la mise en avant médiatique d'un acte répréhensible", poursuivent les associations dans leur communiqué.

Très attendu, maintes fois repoussé, le projet de loi sur la bioéthique et sa mesure phare sur l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes doit être examiné à la rentrée par les députés.

De nombreux militants anti-PMA, qui préparent une forte mobilisation contre cette loi, considèrent comme l'ex-président de LR Laurent Wauquiez que cette réforme "mènera nécessairement" à la GPA.

Benjamin Pierret avec AFP