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Francis Cabrel passe au streaming pour ses 40 ans de carrière

Francis Cabrel, le 22 avril 2015, lors de la soirée de lancement de son album "In extremis" au Petit Palais de Paris

Francis Cabrel, le 22 avril 2015, lors de la soirée de lancement de son album "In extremis" au Petit Palais de Paris - Matthieu Alexandre - AFP

L'artiste passe le cap de la musique en ligne après s'y être longtemps opposé. Un virage qu'il explique au Parisien ce lundi.

Le 18 septembre 1977, Francis Cabrel sortait Les Murs de poussière, son premier album. Quatre décennies et treize albums studio plus tard, le chanteur de 63 ans a décidé de vivre avec son temps et de céder aux sirènes du streaming.

À partir de ce lundi, l'intégralité de son oeuvre (presque 200 titres) est disponible sur les plateformes de streaming. Un événement pour Spotify, Apple Music et Deezer (cette dernière accueille ses abonnés avec Francis Cabrel dès sa home page) et une véritable révolution pour l'auteur de Petite Marie, qui explique ce revirement dans les colonnes du Parisien

Francis Cabrel, nouvelle recrue mise à l'honneur
Francis Cabrel, nouvelle recrue mise à l'honneur © Capture d'écran - Deezer

Si l'artiste vante désormais les avantages de la musique en quelques clics ("C'est rapide et dans un deuxième temps ça peut inciter les vrais amoureux du son à aller acheter le CD", s'enthousiasme-t-il), il a longtemps refusé de mettre ses morceaux à disposition des internautes. Pour plusieurs raisons. 

"C'est une réaction un peu passéiste..."

En avril 2015, Francis Cabrel avait une opinion bien arrêtée sur la consommation de musique 2.0: "J’attends qu’on m’explique ce que ça apporte aux artistes", expliquait-il alors au journal Metro. "C’est une merveilleuse idée dans laquelle les artistes sont complètement floués". À l'aune de sa compression au format mp3, il développe les raisons de sa réticence initiale:

"D'abord, la qualité du son me paraissait moins bonne que sur un CD, explique-t-il au Parisien. "Et puis la rémunération des artistes me semblait insuffisante, surtout pour les jeunes. En plus, jusqu'à mon dernier disque, je pensais que le streaming ralentissait la vente d'albums", détaille le chanteur, avant d'admettre: "C'est une réaction un peu passéiste..."

Interrogé sur ce qui l'a poussé à revoir ses positions, Francis Cabrel évoque tout d'abord ses enfants, grands utilisateurs de musique en streaming. C'est en sautant le pas pour sa propre consommation que son point de vue a changé: 

"J'ai trouvé ça extrêmement pratique. Toutes les nouveautés, je les avais le matin de leur sortie, je les téléchargeais sans bouger de chez moi (...) Je me plie aux évidences, je me rends."

Deux inédits

Des "évidences" qui ne le sont pas pour tous les pontes de la chanson française: si une grande partie des discographies d'Eddy Mitchell ou Charles Aznavour sont disponibles sur Spotify, d'autres, comme Jean-Jacques Goldman, restent désespérément absents de ces plateformes. 

Tout en permettant aux internautes de redécouvrir ses oeuvres passées sous un nouveau format, Francis Cabrel se tourne vers l'avenir. Dans l'interview, le chanteur évoque ses deux inédits (Des Montagnes de tout et Le Fils unique) ainsi qu'un nouvel album, "peut-être d'ici un an".

B.P.