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Camélia Jordana sort "Facile x Fragile", un quatrième album résolument féministe

La chanteuse affiche ses convictions sociétales et politiques dans ce nouvel opus, qu'elle présente à BFMTV.

Elle a bien grandi depuis ses débuts au pavillon Baltard sur le plateau de la Nouvelle Star, le télé-crochet de M6 qui l'a révélée. Dix ans après son premier single, Non, non, non, Camélia Jordana livre ce vendredi son quatrième album, Facile x Fragile. Un double disque où elle allie titres populaires et plus exigeants, tout en y affichant son féminisme, fil rouge de ce nouvel opus:

"Beaucoup de gens pensent foncièrement que le féminisme, c'est la guerre des sexe", regrette-t-elle auprès de BFMTV. "Or, c'est l'opposé. Le principe même du féminisme, ce n'est rien d'autre qu'être pour l'égalité des droits entre les hommes et les femmes."

"Beaucoup d'hommes souffrent des diktats masculinistes"

L'envie n'était pas de faire un disque engagé, mais ce thème s'est imposé à la jeune femme de 28 ans, qui revendique ses origines multiculturelles, sa fierté d'être française et son envie de voir bouger les lignes.

"Je suis convaincue que beaucoup d'hommes souffrent terriblement de tous les diktats masculinistes et virilistes sous lesquels ils croûlent, de la même manière que les femmes croûlent sous des diktats anti-féministes au possible qui les poussent à la consommation parce qu'elles se sentent mal dans leur peau", estime-t-elle.

Un sujet dans l'air du temps mais loin d'être fédérateur. Ses prises de parole enclenchent parfois des polémiques, comme lorsque Camélia Jordana a condamné les violences policières ou a déclaré, en couverture de L'Obs, que "si (elle était) un homme, (elle demanderait) pardon". Mais la chanteuse reste sereine:

"Quand on voit une personne qui n'est pas une personne politique s'exprimer sur des sujets sociétaux, c'est toujours très dérangeant", estime-t-elle. "Qui plus est quand c'est une femme, qui plus est quand elle est racisée. Mais ce n'est pas parce que la fachosphère s'énerve aujourd'hui sur mon compte que je vais m'arrêter de m'exprimer et de faire mon travail."

Philippe Dufreigne, avec Benjamin Pierret