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Accusée de plagiat, Christine and the Queens persiste et signe: "C'est la rage qui me fait avancer"

Chris dans le clip de Damn, dis moi

Chris dans le clip de Damn, dis moi - Capture d'écran YouTube

Dans un long message posté sur Twitter, la chanteuse répond aux attaques.

Accusée d'avoir copié des boucles musicales d'un logiciel proposé par Apple pour son titre Damn Dis Moi, Christine and the Queens revient à la charge ce lundi en postant sur son compte Twitter un long texte pour expliquer sa démarche. Dans ce message, l'artiste persiste et signe, jugeant ce débat "caduque". 

"J'ai longtemps hésité à prendre la parole, parce que le débat sur l'utilisation des samples me semble aussi vieux que la création musicale elle-même, c'est à dire nul et non avenu, mais il semblerait que se taire ne me réussit jamais vraiment non plus: alors, voilà", écrit-elle en préambule. 

"Je le ferai bien volontiers si une autre chanson le justifie"

Rappelant qu'elle a commencé sa carrière "sur GarageBand, en enregistrant des bruits de chausson au sol, en distordant les sons jusqu'à les rendre hybrides", la chanteuse assure avoir "délibérément cherché un son référencé, générique, [pour] le pervertir de l'intérieur": "Je n'ai eu aucun souci à le faire, et je le ferai bien volontiers si une autre chanson le justifie", poursuit Heloise Letissier, de son vrai nom.

Selon elle, "le débat sur la pureté d'une création est caduque", citant notamment le cas de Rihanna et d'Usher, qui ont utilisé des Apple loops sur des morceaux: "Comme n'importe quel sample, tout dépend ensuite de ce qu'on en fait". Elle ajoute: "J'ai aimé l'idée qu'on puisse se rendre compte que ce qui avait été utilisé pour faire un single radio se trouve à la portée de tous, dans un logiciel démocratique de création musicale."

L'artiste insiste: Damn, dis moi est une "récupération malicieuse de ce qui existe partout pour en faire quelque chose d'ultra-personnel". Ce que racontera également son nouvel album, attendu pour la rentrée, indique-t-elle. "Je ne fais pas ce métier pour le high éphémère des petites gloires; j'aime éprouver les formes, les tirer, les tordre. C'est la rage qui me fait avancer, le frisson de passer la main dans la flamme."

"Je n’ai pas plagié"

Elle conclut avec une piquée adressée aux journalistes et commentateurs de son travail:

"Si cette discussion déclenche un intérêt plus poussé à mes productions, c'est donc tant mieux. Sur le premier album, comme sur celui qui s'annonce, j'ai rarement l'occasion de parler esthétique, références de son, démarche sur cet aspect capital de mon travail. Il y a pourtant, comme vous le voyez maintenant, des histoires derrière chaque choix, et je suis toujours ravie de les partager quand l'échanger est respectueux".

Christine and the Queens a déjà répondu à la polémique dans L'Obs fin juillet: "Je n’ai pas plagié, j’ai samplé une boucle libre de droits, sur laquelle j’ai ajouté des paroles, la mélodie de chant, les arrangements. C’est une technique de création comme une autre", avait-elle déclaré. "Démocratiquement, je suis libre de prendre ce que je veux dans Logic pro. Quand Gainsbourg empruntait des mélodies à Chopin, est-ce que c’était du plagiat?"
Jérôme Lachasse